La 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) se tiendra du 23 février au 2 mars 2019. Une édition qui coïncide avec le cinquantenaire du festival. Le pays invité d’honneur à cette 26e biennale est le Rwanda et le thème est «Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité». Après la présentation à Paris des 26 films qui compétiront pour le prix suprême, cap sur Bruxelles, hier 17 janvier, pour un autre face-à-face avec les médias et les spécialistes du 7e art.
Après Ouagadougou, Paris, l’équipe du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), conduite par le ministre de la Culture, des arts et du tourisme, Abdoul Karim Sango, a mis le cap sur Bruxelles en Belgique, pour présenter la 26e édition du FESPACO. Pour l’occasion, c’est au siège du groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) que la Conférence de presse s’est tenue hier jeudi 17 janvier 2019. Cette année, la 26e édition coïncide avec le cinquantenaire du festival. Pour ce faire, le comité d’organisation a mis les petits plats dans les grands pour offrir une très belle fête aux festivaliers qui feront le déplacement. Pour preuve, le délégué général du FESPACO, Ardiouma Soma, a indiqué que cette 26e édition prévoit plusieurs activités. Il s’agit entre autres, des programmations de films, du Marché international du cinéma et de l’audiovisuel africain (MICA), des rencontres professionnelles, le colloque, le programme du cinquantenaire, etc. quant à la sélection officielle de la présente édition, elle présente un cru d’environ 160 films, tous genres confondus pour la compétition officielle et la présentation en Panorama et en découverte.
De plus, le FESPACO invite les professionnels du cinéma à la réflexion sur le triptyque mémoire-avenir-économie des cinémas d’Afrique. De même, le colloque international sur le thème «Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité», sera l’axe central des rencontres professionnels.
Les films lauréats de l’Etalon d’or de Yennenga seront programmés à l’occasion de ce cinquantenaire. Les grandes cérémonies officielles (ouverture et clôture), seront présidées par le chef de l’Etat. Pour assurer la réussite de cet évènement qui s’annonce grandiose, le FESPACO sait compter sur ses partenaires.
Le FESPACO, fierté de tout un continent
Le sous-secrétaire général du Groupe des Etats ACP chargé du département des questions politiques et du développement humain, Léonard-Emile Ognimba, s’est dit heureux d’accueillir l’équipe du FESPACO à la Maison ACP, pour le lancement de la 26e édition. Pour lui, le FESPACO, la voix du cinéma africain, fait la fierté de tout un continent et force l’admiration depuis 50 ans. En effet, il explique que les industries culturelles dans les pays ACP comme dans les autres pays du monde sont fragilisées par les crises politiques ou économiques. Malgré cela, les organisateurs du FESPACO, tous les deux ans, réussissent un véritable tour de force, en faisant de Ouagadougou la capitale du cinéma.
«Je salue les autorités du Burkina Faso pour leur engagement sans faille aux cotés des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel. J’exprime également toute notre reconnaissance à l’endroit des nombreux partenaires du FESPACO qui permettent à ce festival d’exister et lui donne toute son âme», a-t-il dit.
Il avoue que le secrétariat ACP a toujours soutenu le cinéma, parce qu’il est l’un des plus puissants vecteurs de culture, d’identité et de valeurs. Pour rappel, en matière de soutien aux industries culturelles et créatives, les fonds ACP intra-ACP, consacrent une part de plus en plus importante au secteur. Et à quelques jours de la célébration du cinquantenaire du FESPACO, Léonard-Emile Ognimba, a annoncé le démarrage du nouveau programme ACP-UE culture, doté d’une enveloppe de 40 millions d’euros. En attendant, la 26e édition, il assure de la participation active des ACP pour remettre un prix exceptionnel aux œuvres ACP primées. A son tour, le représentant de l’Union européenne, Giorgio Ficcarelli, assure que pour ce cinquantenaire, l’institution prépare quelque chose de spécial. En plus de soutenir l’organisation, il informe qu’un prix européen sera donné à la fin du festival. «C’est vraiment notre plus grand soutien dans l’histoire du FESPACO, à l’occasion de ce cinquantenaire», a-t-il avoué.
Le budget revu à la hausse pour assurer la réussite de l’évènement
Si le FESPACO peut compter sur ses partenaires, le gouvernement burkinabè lui fait des mains et des pieds pour assurer la réussite de l’évènement. Selon le ministre de la Culture, des arts et du tourisme, Abdoul Karim Sango, le président du Faso a fait passer le budget du comité d’organisation de 500 millions de FCFA à 1 milliard de FCA, cela, en dépit du contexte économique assez difficile. «Le gouvernement du Burkina Faso croit que le cinéma est un secteur qui peut nous aider véritablement à résoudre un des grands problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, qu’est la question de l’extrémisme violent. Il a la conviction que le cinéma, en général, la culture peut être ce secteur qui nous aide à faire partager les vrais valeurs (démocratie, liberté, d’égalité etc. à la jeunesse», a-t-il dit. Pour lui, le cinéma devrait contribuer à déconstruire le discours extrémiste auquel les Etats sont de plus en plus confrontés. En sus, le gouvernement pense aussi que le cinéma est un secteur qui peut contribuer à résorber le chômage des jeunes car ce secteur génère beaucoup de ressources. C’est pourquoi, le ministre souligne qu’il faut travailler dans les prochaines années à habituer les jeunes africains à avoir des stars du cinéma à l’image des stars du football. Ce qui va les conforter dans leur vocation de cinéaste et de cette manière, le cinéma aura un avenir.
Aussi, le ministre estime qu’après 50 ans, il est important de revoir le modèle économique pour ce secteur dont les ressources sont estimées à plusieurs milliards de dollars. Pour ce faire, il invite à la réflexion, afin d’établir un pont entre le monde du cinéma, les Etats et le secteur privé. La démarche, selon Abdoul Karim Sango, sera d’expliquer à ces privés, qu’investir dans le cinéma, peut rapporter beaucoup de ressources. Ce qui va permettre également aux acteurs qui interviennent dans ce domaine d’avoir suffisamment de ressources. «C’est important, c’est un pont qu’il faille nécessairement établir pour les 50 prochaines années», a-t-il renchéri. UNE
Pélagie OUEDRAOGO à BRUXELLES


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