On peut se demander quelle mouche a piqué Ali Bongo Ondimba (ABO) lequel depuis son élection et sa réélection le 31 août 2016, confirmée par la Cour constitutionnelle, victoire contestée et qui avait embrasé Libreville et d’autres agglomérations du Gabon, quelle mouche a donc piqué ABO qui s’était claquemuré dans un silence, et surtout avait bandé les muscles. On s’interroge donc sur cette subite volonté de concerter l’opposition et la majorité et même plus tard, les syndicats, la société civile et les religieux sur la prochaine présidentielle de cette année 2023.
Mieux, depuis sa maladie, son AVC du 6 novembre 2018, ABO s’était replié sur ses proches, voire sur son clan et sa famille et ses fidèles, même si certains d’entre eux ont été écartés tel Brice Laccruche Alihanga qui fut condamné à 5 ans de prison ferme. La réponse coule de source : affaibli et observant le contexte en Afrique, il veut sans doute trouver un consensus et éviter la tambouille d’il y a 7 ans. D’où cet arbre à palabre qui doit durer 10 jours avec autour de la table 30 représentants de la majorité et 30 autres de l’opposition. Et surtout en ramenant de 7 à 5 pour le mandat présidentiel et 6 à 5 pour le sénateur, tous les mandats sont devenus d’ailleurs des quinquennats.
En réalité, ABO n’est pas sorti indemne de la dernière présidentielle, 5 000 voix le séparaient du «Chinois» Jean-Ping, lequel s’était même autoproclamé président, avec un bras de fer qui a secoué le Gabon.
Dépourvu des ressorts et des connexions de son père et ayant senti le vent du changement souffler fort, ce «fils de …» sait qu’il lui faut anticiper, s’il veut sauver son fauteuil et épargner le Gabon des affres d’une crise post-électorale.
Quelles recommandations seront issues de ces 10 jours de messes basses et de pinaillements ? Quel diagnostic et quelles perspectives dégagera l’opposition ? Recroquevillé sur lui-même sur quelques pays avec aujourd’hui un après-pétrole qui est quasiment à ses portes, cet ex-précarré français n’est plus le grand chouchou de l’ex-Métropole. On peut avancer qu’ABO et la France, c’est «Je t’aime, moi non plus». Alors, il lui faut pacifier son sérail domestique. Et si presque tous les sujets qui fâchent seront mis sur la table, qu’en sera-t-il du 3e mandat d’ABO ? Sera-t-il candidat ou poussera-t-il un éléphant du PDG dans l’arène ? On connaît la position de l’opposition qui crie pour qu’ABO aille «se reposer». Assurément, si ces concertations n’abordent pas la candidature ou non d’ABO, elles auront été un demi-échec .
La REDACTION


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