L’affaire de la construction de la cité moderne à Raguitenga, dans la commune de Korsimoro à 70 km de la capitale continue de faire des gorges chaudes au sein de la population. En effet, après le refus catégorique des habitants du village concerné à travers des manifestations publiques et des sit-in pour dénoncer l’abus de pouvoir du maire, Jacques Ouedraogo, ce sont cette fois-ci les populations du village voisin, Boussoum Kougr-Zugu qui sont montées au créneau pour traduire leur mécontentement face au projet de lotissement de leur village par le conseil municipal. Ces populations, conduites par leur chef, Naaba Baongho (premier ministre du dima de Boussouma) avaient été reçues par l’autorité communale afin de trouver une solution au problème de lotissement qui perdure depuis des années.
Selon des sources bien introduites, des propositions fortes auraient été formulées par les habitants de Boussoum Kougr-Zugu avant tout démarrage ou la poursuite de tout travail de lotissement. Le maire de la commune de Korsimoro, Jacques Ouedraogo, selon la même source aurait consenti à une extension du lotissement sans trop rentrer dans les détails. Cependant, au niveau du village de Raguitenga, c’est un véritable bras de fer qui oppose les populations à la mairie.
Car, depuis 2017, elles n’ont pas été indemnisées comme l’avait prévu le conseil municipal et ses partenaires. Pire, le maire Jacques Ouedraogo a interdit aux habitants de Raguitenga de semer pendant la saison hivernale écoulée sous peine de représailles afin de faciliter les travaux de la cité; alors qu’aucun plan de riposte contre la famine n’a été élaboré par le conseil municipal pour soutenir les populations qui font face à la famine. Malgré la circulaire du ministère de l’Habitat suspendant tout traitement de dossier de promotion immobilière et du foncier jusqu’à nouvel ordre, le conseil municipal de Korsimoro, selon plusieurs indiscrétions, «attribue clandestinement des parcelles à des particuliers». Ces opérations se font nuitamment à l’insu des populations.
Le partenaire technique du projet de construction de la cité, Séni Compaoré promoteur du cabinet CASIF aurait affirmé selon la même source que la circulaire du ministère de l’Habitat ne concerne pas la commune de Korsimoro, car selon lui, le projet est porté par la mairie elle-même, et non par un promoteur immobilier. Les populations de Raguitenga appellent les autorités compétentes du pays à ouvrir une enquête afin de savoir les tenants et les aboutissants de cette affaire qu’elles qualifient «d’escroquerie de pauvres paysans».


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