Coup d’Etat au Niger : l’ex-président Issoufou a-t-il suscité ou favorisé la chute de Bazoum ?

Coup d’Etat au Niger : l’ex-président Issoufou a-t-il suscité ou favorisé la chute de Bazoum ?

Adamou sami Moumouna est un intellectuel objectif qui s’assume et connu de nombreux Nigériens. Il a jeté un gros pavé dans le fleuve Niger en accusant à mots à peine couvert (lire ci-dessous) l’ex-président Mahamadou Issoufou, d’avoir joué un rôle trouble dans la chute de son presqu’alter ego, Mohamed Bazoum, puisqu’ils ont créé ensemble le PNDS en 1990 et sont liés par un long compagnonnage jusqu’à la victoire en 2011. Et quiconque a approché Bazoum sait que Issoufou, c’est la ligne rouge ! On ne critique pas ce dernier devant l’enfant de Tesker. C’est parce que c’était Bazoum, parce que c’était Issoufou !

L’opposition rugissait contre Bazoum justement, le poussant à arrêter Issoufou pour sa mal gouvernance disait-elle, allant jusqu’à parler de Bazoum comme d’un président-croupion, le vrai étant Issoufou, qui, il est vrai était toujours gardé par une escouade de soldats à sa résidence. Tchiani, c’est Issoufou qui l’a recommandé à Bazoum de le garder comme patron de la garde présidentielle depuis 2011 !

Peut-être que c’est aller vite en besogne que de voir qu’Issoufou aurait au mieux laissé faire le général Abdourahmane Tchiani, au pire aurait suscité ce putsch. Pourquoi ? Là, réside le mystère. Est-ce parce que son fils, le tout-puissant ministre du Pétrole, Mahamane Sani Issoufou, lequel bénéficiait toujours d’une garde rapprochée issue de la sécurité présidentielle ? Encore que ce dernier s’est exprimé pour un retour de Bazoum et s’est fait arrêter quelques heures après hier 31 juillet en compagnie d’autres personnalités du PNDS (lire page 3). Est-ce parce que la seconde épouse d’Issoufou a vu son domicile sécurisé par la même garde présidentielle ?

On ne le sait pas. Mais médiateur proche du général tchiani comme de Bazoum, il était objectivement compliqué à Issoufou de condamner publiquement un putsch, et d’être en même temps le médiateur.

Il attendait sûrement aussi le sommet de la CEDEAO pour s’exprimer. Il n’en demeure pas moins que ses contempteurs brandissent l’hypothèse digne d’un Machiavel du Sahel qui pourrait avoir joué sur ces 2 tableaux. Le 31 juillet d’ailleurs, le CEMGA, le général Salifou Mody a tenté de calmer les ardeurs des protagonistes. Y a-t-il un clan Mody et un clan Tchiani ? A Niamey, certains pensent plutôt que le mandat de Bazoum équivaut à un 3e bail du PNDS et que c’en est trop ! A vrai dire, ce serait incroyable qu’Issoufou ait toléré ou ourdi ce complot qui a fait tomber son frère Bazoum. Lui, Issoufou qui a cru à la démocratie, à l’alternance, qui a eu le prix Mo’Ibrahim…

La rédaction

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