Coup d’Etat au Soudan : Il faudra composer désormais avec le général Al-Burhan !

Coup d’Etat au Soudan : Il faudra composer désormais avec le général Al-Burhan !

Sans l’avoir écrit, les militaires putschistes de ces 10 dernières années en Afrique ont élaboré dans les faits, un Manuel du Coup d’Etat Parfait (MCEP) avec acceptation bon an mal an des populations et de la Communauté internationale. Voici quelques exemples non exhaustifs, mais qui en constituent le Best of :

1) Révolution de palais suscité.

2) Pourrissement de la situation par les civils, qui objurguent les militaires de «sauver le pays» ;

3) Insécurité ingérable dans le pays, contraignant les soldats à «chasser le pouvoir incapable» pour combattre l’ennemi ;

4) Transition bancale obligeant l’armée, à «prendre» ses responsabilités.

Le coup d’Etat survenu au Soudan ce 25 octobre par l’armée, qui l’a sous-traité avec les milices du général Hemeti selon certaines sources fait évidemment partie du dernier cité dans cet annuaire, comme ce fut le cas au Mali.

Si dès le 19 août 2019, à la formation du Conseil souverain, les Cassandres étaient dubitatifs sur la «soutenabilité»  de la Transition, le fait que ce soit les affamés de la rue et la puissante association professionnelle qui ont secoué et affaibli Omar El-Béchir avant que ses frères d’armes ne lui portent le coup de grâce, ont levé les doutes sur la viabilité de l’attelage.

Hélas, il faut dire que le pouvoir suprême ne se partage pas, surtout au Soudan les militaires ne l’ont pas entendu de cette oreille, encore une ressemblance avec le Mali.

Le général Al-Burhan a accepté de se moucher bruyamment et quand on entend les cris, et les menaces des «maîtres» du Soudan que sont entre autres les Etats-Unis (qui mettent sur la table plus de 40 millions de dollars à geler, sans oublier les comptes des putschistes et le fameux travel ban), les pays arabes et la France qui a tenu un sommet spécial le 17 mai 2019 pour mobiliser des  millions d’Euros pour le Soudan, quand on écoute la tonalité de tous les discours réprobateurs,  on en vient à rire, car chacun sait que dans 2 ou 3 mois au plus, tous reviendront à des sentiments accommodants avec le général Al-Burhan, surtout qu’après avoir gardé le premier ministre, Abdellah Hamdok chez lui il l’a libéré, satisfaisant aux demandes venant de toute part (le Guinéen Alpha Condé n’a pas cette chance), surtout qu’il a promis encore d’associer les civiles au pouvoir, surtout qu’il a brandi «de graves dangers qui planaient sur le Soudan s’il ne faisait pas le putsch…».

En vérité, si le général Al-Burhan a toujours fui les feux de la rampe, préférant être sous l’ombre, il est bel et bien, un vétéran de la chose, puisqu’il y a 30 ans, en 1989, il était aux côtés d’Omar El-Béchir pour son coup d’Etat. Ce n’est donc pas un poussin d’hivernage politique et ni les menaces, ni les manifs de la rue encore moins les supplications n’auront prise sur lui.

Enfin, son pédigrée en impose : il a été attaché militaire à l’ambassade de Chine, inutile de dire que Pékin y voit un «élément» intéressant, il a des atomes crochus avec les monarchies du Golfe, les Crésus arabes, il a été à la manœuvre dans le rapprochement entre Israël et certains pays de la région.

Il faudra désormais faire avec ce général qui a décidé en fait d’achever le travail proprement qu’il avait débuté le 11 avril 2019… Le Soudan intéresse les grandes puissantes, car maillon important dans l’immense puzzle du softpower dont une grande partie se joue maintenant en Afrique ! Alors il faudra que cette Communauté internationale prompte à l’indignation et à la condamnation  inopérantes compte avec le général Al-Burhan, car le patron au Soudan, c’est désormais lui !

La REDACTION

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