Au lendemain de la mutinerie qui a secoué les camps des généraux Sangoulé Lamizana et Baba Sy de Ouagadougou et d’autres garnisons du pays notamment ceux de Ouahiouya et Kaya, la situation était toujours confuse. Alors que des témoignages évoquent des échanges de tirs entre la flotte présidentielle et des mutins aux environs de la Patte d’Oie (quartier où le président dispose de plusieurs pieds à terre), l’incertitude reste entière sur le sort du président Roch Kaboré. Si dès la matinée, des sources militaires confiaient que le président était aux arrêts, d’autres indiquaient que ce dernier avait été exfiltré par la gendarmerie et gardé en lieu sûr. Très tôt dans la matinée de ce lundi 24 janvier 2022, trois véhicules appartenant à la sécurité du chef de l’Etat burkinabè criblés de balles avec des traces de sang ont été découverts dans ledit quartier, non loin de la Gare routière de Ouagadougou. En début de matinée, des soldats encagoulés ont pris position devant la Radiotélévision burkinabè (RTB). Trois blindés de l’armée y sont stationnés. Un communiqué devrait être lu rapidement, assurent des militaires. Jusque dans l’après-midi d’hier (16 heures), d’autres sources mentionnaient la poursuite des tractations entre les différentes entités de l’armée. Par ailleurs, plusieurs personnalités dont le premier ministre Lassina Zerbo nommé le 10 décembre dernier et le président de l’Assemblée nationale auraient trouvé refuge au camp de gendarmerie de Paspanga. Des sources ajoutent que plusieurs autres ministres et dignitaires du parti au pouvoir (MPP) seraient également en ces lieux. Notons que depuis la soirée du dimanche 23 janvier 2022, un hélicoptère de l’armée survolait permanemment la zone de camp. Le dispositif sécuritaire a dans le même temps été renforcé dans du camp qui abrite la gendarmerie. Un tweet, publié en début de soirée d’hier lundi 24 janvier 2022 et attribué au chef de l’Etat, invite «ceux qui ont pris les armes à les déposer dans l’intérêt supérieur de la Nation». «C’est par le dialogue et l’écoute que nous devons régler nos contradictions», ajoute-t-il. Le président Kaboré n’a plus été vu ni entendu depuis dimanche matin quand des mutineries ont éclaté dans plusieurs casernes. Le président Kaboré avait décrété «jusqu’à nouvel ordre» un couvre-feu de 20 h 00 à 5 h 30 (heure locale) et le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles lundi et mardi. Dans un communiqué publié lundi 24 janvier 2022, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dit suivre «avec une grande préoccupation l’évolution de la situation au Burkina Faso, caractérisée depuis dimanche par une tentative de coup d’Etat». La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) «tient les militaires responsables de l’intégrité physique du président (burkinabè) Roch Marc Christian Kaboré», dont des sources militaires ont affirmé qu’il avait été arrêté par des soldats mutins à Ouagadougou, selon ce communiqué. Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a également condamné «fermement la tentative de coup d’Etat contre le président démocratiquement élu» et «appelle l’armée nationale et les forces de sécurité du pays à s’en tenir strictement à leur vocation républicaine, à savoir la défense de la sécurité intérieure et extérieure du pays», dans un communiqué publié par l’organisation.


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