Enfoncée dans une crise postélectorale qu’elle tente de surmonter, la Côte d’Ivoire affiche un visage sanglant. Hier mercredi 11 novembre 2020, le gouvernement ivoirien a dressé le bilan global des troubles politiques qui ont souvent dégénéré en affrontements intercommunautaires. Il s’établit à 85 morts et 484 blessés en trois mois.
Selon le ministre de la Communication Sidi Touré, le bilan global des troubles politiques qui ont souvent dégénéré en affrontements intercommunautaires, surtout dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, s’établit à 85 morts et 484 blessés. Il y a eu 34 morts avant le scrutin, 20 le jour du vote et 31 après, a-t-il détaillé, ajoutant que 225 personnes ont été interpellées, 167 inculpées, 45 écrouées.
L’opposition, qui ne reconnaît pas les résultats de l’élection présidentielle du 31 octobre, avait lancé une campagne de «désobéissance civile» puis un «Conseil national de transition» (CNT) censé remplacer Alassane Ouattara. Plusieurs leaders de l’opposition, dont l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, son porte-parole, ont été arrêtés, alors que d’autres sont bloqués à leur domicile par les forces de l’ordre. Hier mercredi 11 novembre 2020, le président Alassane Ouattara, réélu à la tête de la Côte d’Ivoire pour un troisième mandat controversé, a rencontré à Abidjan son principal opposant, l’ex-président Henri Konan Bédié, pour tenter de mettre fin aux violences électorales qui ont fait «85 morts» depuis août, selon le porte-parole du gouvernement.
Le président Ouattara avait dans une adresse à la Nation lundi proposé une rencontre à «son aîné» le président Bédié. Dans un communiqué du parti d’opposition, le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) insistait sur plusieurs préalables à cette rencontre, dont la levée des blocus des résidences et la cessation des poursuites judiciaires contre les responsables de l’opposition.
Le blocus de la résidence de Bédié était effectivement levé mais celui chez Assoa Adou, un des leaders de l’opposition, était toujours en place vers 13 heures, a dit ce dernier. Symboliquement, la rencontre entre Ouattara et Bédié doit avoir lieu au Golf Hôtel d’Abidjan. C’est dans cet hôtel qu’Alassane Ouattara, alors président élu, s’était installé avec son gouvernement mais aussi ses alliés de l’époque, dont Henri Konan Bédié, lors de la crise de 2010-2011 qui l’opposait à Laurent Gbagbo.


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