De l’opération « Crevette » au coup d’Etat manqué du Lt-Cl Tigri : L’histoire bégaie à rebours au Bénin

De l’opération « Crevette » au coup d’Etat manqué du Lt-Cl Tigri : L’histoire bégaie à rebours au Bénin

Qu’est-ce qui lie le putsch manqué au Bénin à l’opération « Crevette » du 17 janvier 1977 ?

Ce 7 décembre 2025, des éléments des Forces spéciales conduits par le Lieutenant-colonel Pascal Tigri ont tenté de renverser le président Patrice Talon. Une déstabilisation qui a échoué grâce à la riposte de la Garde républicaine conduite par le Colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè.

 

Une vaillance relatée par ce dernier qui retrace dans le détail, la chronologie du coup d’Etat manqué, dans lequel, il reconnait qu’après avoir fait le boulot de sécuriser les institutions de la République, au premier chef, le président Talon, le Bénin a demandé au Nigeria et à la France de l’aide pour terminer le travail, lequel fut proprement fait puisque les mutins ont été mis à la déroute.

A presque 39 ans en remontant le temps quel lien entre cette opération « Crevette » et le coup de force raté du 7 décembre 2025 ?

Apparemment rien, ou plutôt si tous les deux évènements ont un rapport avec une tentative de coup d’Etat.

Lorsque ce jour du 17 janvier 1977, le Commandant Mathieu Kérékou, était à sa 5e année de révolution marxiste-léniniste, des chiens de guerre, conduits par l’affreux Bob Denard débarque à Cotonou, avec près d’une centaine de mercenaires (1).

Objectif : faire tomber Kérékou qui horripilait la Françafrique à l’époque, et d’ailleurs cette équipée déstabilisatrice a été organisée par 2 illustres chefs d’Etat de cette Françafrique. Et aussi le feu orange de Jacques Foccart (1) le Monsieur Afrique de la Françafrique ! Echec et mat des mercenaires de Denard, René Resciniti de Says et Olivier Lenormand. Dès l’aéroport, le commando essuiera une résistance des militaires béninois (déjà). Il est vrai que « Kekereke » comme on appelle le président était absent, mais les mercenaires y ont rencontré aussi des Nord-Coréens lesquels protégeaient le ministre des Affaires étrangères Ho Dam de ce pays. Résultat, le Douglas DC7 repartira en catastrophe, oubliant un des mercenaires sur un toit de l’aéroport de Cotonou, et surtout une mallette contenant les documents d’identité des affreux ainsi que les détails du coup. C’est un coup d’Etat tenté contre un « ennemi » de la Françafrique à l’époque.

39 ans après, la France intervient, bien qu’elle ne soit pas la seule principale concernée, elle a aidé à empêcher un coup d’Etat, contre un régime qui n’est pas révolutionnaire.

Le 17 janvier 1977, c’était pour arrêter la marche du parti de la révolution populaire du Bénin que dirigeait le « Caméléon ». L’histoire bégaie à rebours à Cotonou car la France est venue au secours de son ex-précarré. Finie la période de déstabilisation des régimes marxisants ou qui renâclent à suivre benoitement.

Aujourd’hui, elle anticipe en bon père de l’ex Françafrique, ou certains diront en une ex-Métropole qui change son logiciel ?

Du coup, on voit comment au gré des mutations géopolitiques, des intérêts du moment, l’Histoire peut revêtir plusieurs facettes de par le comportement des protagonistes.

On assiste à une France qui a renoncé (momentanément) au statut de donneur de leçons démocratiques pour accepter une dynamique qui n’est pas forcément la sienne ! 4 décennies après l’opération « Crevette », les évènements du 7 décembre, éclairent d’un jour cru, cette Histoire qui repasse les plats, soient en les intervertissant. Il faut savoir la lire à l’aune de la trajectoire de l’instant. La France se donnait le rôle de bonne conscience démocratique, elle la fille des Lumières et patrie des droits de l’homme. De nos jours, géopolitique oblige, elle cautionne ses amis quel que soit le vernis démocratique. Le Gabon par exemple  .

 

In: (1) Corsaire de la République avec Bob Denard et Georges Flury

In: (2) Foccart parle- Entretien avec Philippe Gaillard-Tome I

 

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