Demande d’annulation de la dette par les chefs d’Etat de la CEDEAO :  Il faut s’assurer d’abord du service après-vente

Demande d’annulation de la dette par les chefs d’Etat de la CEDEAO : Il faut s’assurer d’abord du service après-vente

Le coronavirus en fait faire des choses au monde ! Voilà que la CEDEAO a essayé un sommet sui generis ! Devant leurs écrans, de Ouagadougou à Niamey, en passant par Cotonou et Abidjan, les chefs d’Etat de l’organisation ouest-africaine ont parlementé sur les questions importantes de l’heure. Et pour être importantes, elles l’étaient.

En tout cas, ce n’est pas  Umaro Sissoco Embalo qui dira le contraire. Lui qui attendait l’adoubement de ses pairs pour enfin essayer de sortir d’une crise post-électorale qui s’enlise en Guinée-Bissau. La CEDEAO a en effet reconnu Embalo comme président élu. Toutefois, son gouvernement n’a pas passé les mailles du filet. Les  présidents lui ont demandé de nommer un nouveau Premier ministre. Une recommandation qui, si elle est appliquée, et il y a difficilement des raisons qui peuvent écarter cette éventualité, signifie l’organisation de nouvelles élections législatives afin de faire sortir un chef de gouvernement issu de la majorité.

C’est une avancée pour la Guinée-Bissau. Reste maintenant à savoir ce que la Cour suprême pensera de tout cela.

En attendant, le coronavirus est aussi un autre plat de résistance de ce sommet virtuel tenu ce 23 avril 2020. La récession frappe à la porte. Si elle n’y est déjà entrée. Et l’heure est à réfléchir à trouver des solutions pour amoindrir et amortir l’impact de cette maladie sur la mécanique de l’économie et des couches sociales. Et surtout pour ne pas gripper davantage l’armature des Etats qui souffrait déjà de rhumatismes économiques et autres arthroses sociales.

Parmi les pistes envisagées par les chefs d’Etat figure l’annulation totale de la date des pays africains. Une bonne piste qu’avait dès les premières heures du coronavirus évoquée le président sénégalais Macky Sall. Cette annulation répondrait en écho à  de nombreuses demandes qui fusaient bien avant que le Covid-19 ne vienne entonner sa chanson funèbre. Elle agirait également sur la sangle du poids des pesanteurs qui lacèrent les épaules des pays africains. Et en ces temps de vaches totalement maigres et sans jus siphonnées par les amygdales voraces du virus à couronne, les fonds qui devaient servir à payer les créanciers agiraient comme une brise bienfaisante sur le porte-monnaie des pays du continent.

Cette mesure ne devrait toutefois pas se limiter à un effet bienfaisant temporaire. L’annulation de la dette devrait avoir un effet catapulter, une sorte de tremplin  qui propulserait le développement de ces pays vers le firmament. A quoi cela servirait que la dette disparaisse s’il faut le lendemain repartir tendre à nouveau la main pour quémander un appui financier ? Les Etats africains devraient réfléchir à comment ils pourraient convertir cette éventuelle annulation en moyen de ne plus dépendre d’une quelconque aide extérieure pour subvenir aux besoins de leurs populations.

En attendant, que chacun se lave les mains, tousse dans le coude et observe la distanciation sociale pour barrer la route au coronavirus ! .

 Ahmed BAMBARA

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