Le cimetière politique des premiers ministres en France s’agrandit avec la démission de Sébastien Lecornu soit 24 heures après la formation de son gouvernement composé de 18 personnes « un cortège de revenants » selon Jean Luc Mélenchon ; et quelques heures avant la passation de charge avec Bruno Lemaire, il a rendu le tablier. La tension était trop grande pour ce macroniste bon teint, qui a été ministre de façon continue depuis 8 ans.
Les secousses telluriques politiques en France sont allées crescendo et sentant sans doute que LFI, RN et Cie affutaient leurs armes pour écourter son séjour à Matignon, Lecornu a préféré partir sans doute aussi que son passage à l’Hôtel de Brienne lui a permis d’avoir ce flair de survie. Autant dire quitter ce siège devenu trop éjectable avant de subir foudres et humiliations des antimacronistes. Ce dernier va-t-il se résoudre à nommer un chef de gouvernement de gauche ? Dissoudre le parlement ? Le départ de Jupiter étant inenvisageable. Compte-t-il le reconduire puisque Macron l’a chargé de mener une « plate-forme pour d’ultimes consultations ».
Comment regarde-t-on ces micmacs politiques du côté du Sahel ? Evidemment, d’aucuns analysent froidement la situation décelant des causes de ce tangage qui vont de la dissolution de l’Assemblée nationale à l’impossibilité de trouver une majorité jusqu’au retour de Bruno Lemaire, qui aurait exécrer Lecornu selon certaines indiscrétions. D’ailleurs, Bruno Lemaire a remis son portefeuille à Lecornu pour continuer aux Armées et renonce à être reconduit.
Mais pour certains qui ne « gobent » plus Jupiter, c’est la rançon d’un tâtonnement dans la gestion des affaires politiques domestiques. Et une déconnection totale des réalités autant françaises que africaines. Pour eux, le locataire de l’Elysée s’est cloisonné dans des certitudes sans majorité qui buttent sur des faits qu’il refuse de voir ou résoudre.
Au Sahel, il a voulu se présenter comme un président français qui n’a rien à voir avec le néocolonialisme, ce qui est vrai, il voulait édifier une relation décomplexée avec les ex colonies. Hélas, la gestion de la lutte contre l’insécurité au Sahel, le sommet de Pau qui confinait à une convocation entre un chef et ses obligés, la posture à Ouagadougou en novembre 2017 avec le président Roch Kaboré et forcément les étincelles récentes avec les militaires au pouvoir au Mali-Burkina-Niger ont contribué à écorner davantage l’image de Jupiter. Ce qui fait dire à certains Sahéliens qu’il y a de l’approximatif avec quelquefois une sorte de vacuité. Vu du continent, Macron pose de bons diagnostics mais les solutions ne conviennent pas souvent.
Dans ce sahel, certains en viennent à ricaner de ce qui arrive à Jupiter comme pour exorciser à bon compte le ressentiment qu’ils ont à l’égard de la politique française dans l’ex glacis. Pour eux, un Mitterrand ou un Chirac aurait eu de meilleurs rapports avec ces jeunes soldats au pouvoir au Sahel et les choses auraient tourné autrement. CQFD !
Aujourd’hui Au Faso


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