Déplacés internes : 270 000 personnes en quête d’aide humanitaire

Déplacés internes : 270 000 personnes en quête d’aide humanitaire

«Le nombre de personnes déplacées internes passe de  87 000 en janvier à 270 776 à la date du 16 août 2019 et toutes les 13 régions accueillent désormais des personnes déplacées internes», a indiqué la ministre en charge de la femme, Hélène Marie Laurence Ilboudo lors d’un point de presse qu’elle a animé hier lundi 19 août 2019 à la salle de conférences du ministère des Affaires étrangères, date à laquelle les Nations unies commémorent la Journée mondiale de l’aide humanitaire sur le thème : «Femmes Humanitaires». L’objectif de cette rencontre est d’informer l’opinion nationale sur le bilan de l’assistance humanitaire aux personnes déplacées internes et le lancement du Plan d’urgence 2019 révisé du Burkina Faso.

«Le gouvernement fait des efforts». Cette phrase était le leitmotiv de la ministre en charge de la Femme lors du face-à-face avec la presse sur le bilan des déplacés internes. Contrairement à ceux qui pensent que le gouvernement ne fait rien pour les populations affectées, Hélène Marie Laurence a passé plus de deux heures a expliqué à la presse, à l’opinion nationale, les efforts consentis par l’Etat dans la prise en charge des personnes déplacées. Par ailleurs, elle reconnaît que beaucoup reste à faire pour juguler la crise, mais de prime à bord, elle a souligné que la psychose est à éviter pour ne pas envenimer la situation. Dans le bilan qu’elle a présenté à la presse, on retiendra que  les régions du Sahel et du Centre-Nord cumulent à elles seules, 88,21% des personnes déplacées internes. Les femmes et les enfants représentent 85% des déplacées internes. 17 715 retournés et demandeurs d’asile ont été enregistrés dont 11 971 venus du Mali suite aux conflits Dogons/Peuls et 5 744 expulsés de la forêt classée de la Léraba en République de Côte d’Ivoire. Elle ajoute que la présence des réfugiés maliens estimés à 25 000 personnes dont 93% dépendent entièrement de l’aide humanitaire. «L’augmentation des déplacements de population aggrave encore les vulnérabilités existantes en cette période de soudure qui touche 688 000 personnes, soit 3,5% de la population totale affectée par l’insécurité alimentaire sévère selon l’analyse du Cadre harmonisé de mars 2019», a expliqué Laurence Ilboudo. C’est ainsi, poursuit-elle, que le processus de révision du plan d’urgence a été entamé pour être en phase avec le cadre programmatique adopté par le gouvernement et les partenaires en 2017 pour la réalisation de résultats collectifs à travers l’approche «Humanitaire-Développement-Paix».

Un plan d’urgence de 187 millions de dollars

Le budget du plan d’urgence révisé, à en croire la ministre en charge de la Femme, est estimé à 187 millions de dollars repartis de la façon suivante : 70,9 millions affectés à la sécurité alimentaire, 66,9 millions pour la gestion des conséquences de l’insécurité, 31,4 millions de dollars pour la nutrition, 14,1 millions de dollars pour l’assistance aux réfugiés, 2,3 millions de dollars pour la coordination des urgences, 1,4 million de dollars pour la préparation aux urgences. «L’Etat a pu mobiliser avec ses partenaires, la somme de 55,1 millions de dollars sur les 187 millions de dollars de besoin à ce jour», a souligné Laurence Ilboudo.

En outre, elle a précisé que ces ressources extérieures déjà mobilisées sont exécutées directement par les organisations humanitaires en appui aux efforts de l’Etat sur le terrain. Dans la même veine, elle a indiqué que la mise en œuvre du plan d’urgence se fera en lien étroit avec les stratégies régionales et celles développées dans le cadre du G5-Sahel. «Cela s’explique par le fait que les pays de cet espace font face aux déplacements massifs de population de part et d’autre des frontières, liés essentiellement à la montée de l’insécurité», a laissé entendre la ministre. Avant de clore son propos, Laurence Ilboudo insiste qu’en dépit des importantes réalisations qui ont été faites, beaucoup reste à faire pour garantir la dignité et la protection des populations affectées. «Pour cela, notre engagement et notre détermination ne sauraient faillir», a-t-elle conclu.

Omar SALIA

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR