Deux mois de sursis pour Sonko, toujours éligible en 2024 : La Justice joue soft au Sénégal

Deux mois de sursis pour Sonko, toujours éligible en 2024 : La Justice joue soft au Sénégal

On redoutait une nouvelle journée de heurts entre Forces de sécurité et sympathisants de l’Opposant. Si tout était réuni pour vivre une journée d’affrontement, il y a eu plus de peur que de mal ; le pire a été évité. Et hier jeudi 30 mars donc, après trois reports, le procès qui oppose Ousmane Sonko au ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang pour diffamation s’est tenu sous haute surveillance policière. Pour la cause, les banques et les commerces avaient baissé leurs rideaux, les transports étaient suspendus et les motos, interdites de circuler. Les vacances de Pâques ont quant à elles été anticipées, entraînant la fermeture de l’université et des écoles.

L’absence du principal accusé, resté chez lui pour raison de maladie, fera l’objet de discussions houleuses. Pour les avocats du plaignant, il n’est pas question que leurs collègues de la défense prennent la parole en l’absence du prévenu, sauf si le tribunal estimait que cette absence était justifiée. On assiste à des passes d’armes entre avocats. Le juge tranche en faveur de la partie civile. Les avocats de Sonko protestent et se retirent.  Ils sont accompagnés d’autres leaders de l’Opposition dont khalifa Sall. La partie civile lance sa plaidoirie. Elle brandit l’absence de preuves de Sonko dans ses accusations contre son client, le ministre Niang.

Après ce moment de plaidoiries à sens unique, le procureur annonce sa réquisition. Deux ans de prison dont un an ferme pour « diffamation », trois ans de prison ferme pour « injures » et un mandat d’arrêt. A sa suite, le juge fera preuve de magnanimité dans son verdict en condamnant Ousmane Sonko à deux mois de prison avec sursis et à 200 millions de francs CFA  de dommages et intérêts pour « diffamation ».

Comme il fallait s’y attendre, ce verdict a été accueilli par des critiques dans le camp de l’opposant qui dénonce une instrumentalisation de la justice même s’il n’impacte pas sur l’ambition de ce dernier de se porter candidat à la prochaine présidentielle. Ce verdict soft permet à Ousmane Sonko de garder ses chances intactes dans l’attente de l’Affaire Adji Sarr. Mais en attendant, ce procès, le Sénégal devra s’apprêter à vivre une nouvelle journée à risque. Celle du 3 avril prochain (veille de la fête nationale), choisie par l’Opposition pour manifester.

 Davy Richard SEKONE

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