Enquête préliminaire sur le drame de Tanwalbougou : Dubitatif, Human Rights Watch veut une enquête indépendante

Enquête préliminaire sur le drame de Tanwalbougou : Dubitatif, Human Rights Watch veut une enquête indépendante

Au lendemain de la conférence de presse animée le mercredi 27 mai 2020 à Fada N’Gourma par le procureur du Faso, près le Tribunal de grande instance (TGI) de Fada sur la mort des douze détenus de Tanwalbougou, les réactions pleuvent. A la suite des parents des victimes, c’est l’Organisation de défense des droits humains, Humans Rights Watch (HRW) qui a réagi à cette sortie.

Pour la directrice de HRW pour le Sahel,  Corinne Dufka, les conclusions de cette enquête «tendent à dissimuler la vérité des faits». «Les conclusions préliminaires donnaient une impression de dissimulation et mettaient à nu la nécessité d’une enquête indépendante menée depuis Ouagadougou et avec la collaboration d’acteurs internationaux, y compris pour une autopsie», a écrit HRW dans un communiqué publié par l’Agence Reuters.

«Les suspects détenus dans des circonstances normales ne sont pas morts sans raison et leurs corps ne sont pas trempés de sang et leurs têtes écrasées au-delà de toute reconnaissance. Les familles des morts et le peuple burkinabè méritent mieux que cela», a déclaré Dufka.

Rappelons que lors de ce point de presse, le procureur du Faso, Judicaël Kadéba avait déclaré que les 12 victimes n’avaient pas été tuées par balles. «Le rapport sur les 12 corps sans vie a été réalisé à partir de photographies», a déclaré Kadéba. «Les cadavres, enveloppés dans des linceuls et enregistrés, n’avaient pas pu être examinés de manière approfondie au cours de l’enquête car ils étaient déjà en décomposition avancée et l’hôpital manquait d’installations appropriées», avait-t-il justifié.

Notons que cette enquête avait été ouverte par le procureur du Faso, le 14 mai après le décès en cellules de 12 des 25 personnes arrêtées pour des infractions liées au terrorisme dans cette commune de la province du Gourma. Le procureur, Judicaël Kadeba, a indiqué qu’il n’était «pas formel sur ce qui avait causé la mort des 12 personnes et que les autorités militaires auraient besoin de poursuivre l’enquête, car l’incident s’est produit dans le cadre d’une mission militaire».

En avril dernier, dans un rapport, l’Organisation Human Rights Watch avait dénombré plus de 300 civils victimes des groupes armés terroristes et plus d’une centaine de victimes qu’elle avait mise à l’actif des forces armées pour leur soutien présumé aux groupes terroristes.

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