Expiration de l’ultimatum de la CEDEAO au Niger : Les 22 000 Casques Blancs vont-ils  activer l’opération Restor Democracy ?

Expiration de l’ultimatum de la CEDEAO au Niger : Les 22 000 Casques Blancs vont-ils  activer l’opération Restor Democracy ?

Disons-le d’emblée tout net : Même si les casques blancs de la CEDEAO ont déjà accompli des opérations de restauration ou de retour à un Etat de droit consécutif à un coup d’Etat ou au refus d’un président de céder le fauteuil après des élections, même s’il y a eu ces précédents au Libéria en 1990 et 2003, en Côte d’ivoire en 2003, en Sierra-Leone en 1997, en Guinée-Bissau en 1999 et au Mali en2013, ils sont de moins en moins nombreux à croire que la CEDEAO mette sa menace à exécution après hier à minuit, heure d’expiration de l’ultimatum de l’organisation aux tombeurs de Mohamed Bazoum le 26 juillet dernier peut être à plus tard.

Et pourtant, on sait que le président nigérian Bola Tinubu, président en exercice de la CEDEAO a dit plus de putsch, les chefs d’état-major de la CEDEAO, après un conclave à Abudja de 3 jours ont dessiné la configuration d’une telle intervention, dernier recours certes, mais qui demeure dans les tuyaux.

Néanmoins, de nombreux facteurs hypothèquent un tel scénario à commencer par le sénat nigérian, qui le désapprouve, les envoyés spéciaux officiels de la CEDEAO ont échoué, éconduits à l’aéroport sans avoir vu le général Tchiani, mais la diplomatie souterraine bat toujours son plein pour parvenir à une paix des braves.

L’Algérie, qui partage 1 000 kilomètres avec le Niger, n’est pas partante et son président Tebboune l’a clairement exprimé. Le Nigéria et le Niger ont un peuplement commun, les Haoussa, qui ne veulent pas mener une guerre fratricide. Le Burkina et le Mali menancent de quitter la CEDEAO en cas d’intervention. Le Niger a fermé son espace aérien hier peu avant l’expiration de l’ultimatum.

La Communauté internationale (France-USA…) bien qu’elle ait rompu les ponts avec les putschistes et ne les reconnaît pas privilégie toujours le dialogue. Enfin, il y a également l’opérationnalisation d’une telle intervention : Et Abdul Fatah Musa, commissaire aux Affaires politiques et sécurité de la CEDEAO a beau seriné que l’heure et le jour sont laissés à la volonté discrétionnaire des chefs d’Etat, une telle expédition sera lourde de conséquences, en pertes humaines, en destruction de matériels et bâtiments, et un traumatisme pour les populations.Malgré tout, les 22000 Casques Blancs de la CEDEAO vont-ils tenter de restaurer la démocratie au Niger par la force ? C’est une hypothèse qui reste sur la table. Ou l’ultimatum s’apparente-t-il à la bombe atomique qui instaure l’équilibre de la terreur, selon un confrère ? C’est-à-dire une pression pour négocier et aboutir à une solution dans laquelle ni la CEDEAO, ni le général Tchiani et Cie ne perdront pas la face ?

On s’achemine vraisemblablement vers ça, car il y a la vie du président Bazoum et sa famille aussi dans cette balance ! Chacun sait que les putschistes ne reculeront pas, et lorsqu’on voit les mouvements de «veille citoyenne» qui contrôlent Niamey s’étant transformés en vigiles, c’est que la menace de la CEDEAO n’est pas prise à la légère. En plus, si des responsables putschistes ont évacué discrètement leurs familles par avions, ça veut dire également que la sérénité ne règne pas, ils ne sont toujours pas totalement maîtres de la situation.

Enfin, la conviction est forte que si ce coup d’Etat est de trop, une guerre genre Games of Thrones, ne peut qu’être pain béni pour les terroristes qui en profiteront pour infester davantage un Sahel, déjà sous coupe réglée dans certains pans de son territoire.

Le Niger et la sous-région sont recroquevillés et en apnée, mais à l’évidence, l’ultimatum de la CEDEAO sera prolongé d’une semaine ou 2. A moins qu’une salve vienne nous démentir ! N’empêche néanmoins que les sanctions économiques et financières seront catastrophiques pour les Nigériens.

La REDACTION

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