C’est comme qui dirait avoir une bonne montre, mais ne pas avoir l’heure. Avoir négligé le processus de Luanda et celui de Nairobi, snober le sommet de l’UA, même si rien, n’est sorti de ce conclave du week-en passé sur la situation à l’Est de la RD Congo, mais, il est difficile de déchiffrer les actes du chef de l’Etat congolais, qui semble faire feu de tout bois, si ce n’est preuve d’une posture insaisissable.
Qu’il pointe un doigt accusateur sur le Rwanda, allié du M23-AFC, qu’il condamne une Communauté internationale qui se refuse à se mêler de cette situation du Kivu, car c’est bien de cela qu’il s’agit, et qu’il endosse tardivement, l’habit du chef de guerre, après la prise de Goma et Bukavu, tout cela, on peut lui prêter le bénéfice de la bonne foi, sans toutefois l’exonérer d’un tâtonnement patent.
Avoir été absent dans ce conclave passablement houleux de la Commission paix et sécurité de l’UA à Addis-Abeba, pour faire face à Kagamé, lequel a piqué une colère noire, et atterrir fissa dans la capitale angolaise pour réchauffer un processus de Luanda sur cale, pour cause du cas du M23.
Hier 18 février 2025, le chef de l’Etat congolais a procédé à un vaste mouvement de la hiérarchie militaire ayant touché même le chef d’état-major des armées. Réaménagement stratégique ou fébrilité sécuritaire ? A présent et à Luanda, Félix Tshisekedi veut revenir dans ce cadre pour discuter avec le n°1 longiforme de Kigali.
Mais, pas question de discuter avec le M23 ! D’abord, si Joao Lourenço peut se sentir de nouveau dans le jeu, il n’est pas sûr qu’il puisse faire évoluer la situation, quand-même, il réussirait à réunir les 2 présidents qui se détestent cordialement.
Tandis qu’il essaie de renouer le fil diplomatique rompu ou inefficace, sur le terrain, le M23 est au Sud de Bukavu, notamment vers Lubero, où les Wazalendo-VDP allié aux FARDC essaient de contenir cette déferlante rebelle, redoutablement percutante.
Le M23 demeure toujours la «ligne rouge» pour «Fatschi». Et pourtant, et au regard de la situation sécuritaire, à Goma, dans l’Ituri, à Bukavu et plusieurs autres localités, il est impératif que Tshisekedi se résorbe à avoir ne serait-ce qu’un Corneille Nanga en face, pour discuter à défaut du chef du M23. Paul Kagame, visiblement agacé à Addis-Abeba, reste arc-bouté à sa position : la question du Kivu est congolo-congolaise, pas congolo-rwandaise, et il se dit lassé de venir répéter la même chose !
Discuter avec le M23, c’est évidemment, mettre en sourdine son égo et être pragmatique. Dans toute guerre, il est des moments où il faut agir sans colère, même face aux victimes, à la catastrophe humanitaire à Goma et à Bukavu, et se dire que ce n’est pas à tout moment qu’on choisit son interlocuteur.
La réalité du terrain vous impose souvent un vis-à-vis détesté mais, incontournable. Le cas actuel du M23 qui régente par la force de la poudre et du canon le Nord et le Sud-Kivu, même si depuis ce mardi 18 février, des ripostes aériennes congolaises par hélicoptères sont accomplies.
Aiguillonner la diplomatie, mais rencontrer l’ennemi en l’occurrence le M23 n’est plus actuellement une option, mais l’option. Une Communauté internationale rétive à tout arbitrage, l’EAC et la SADC quasi-hors-jeu, un ennemi qui avance, avance, le doute n’est plus permis quant à l’indispensabilité d’un rendez-vous avec le M23 .
La REDACTION


COMMENTAIRES