La palabre sénégalaise tendance présidentielle, c’est-à-dire initiée par Macky Sall le 31 mai (car il y a un autre organisé par les opposants et la société civile nommés F24), cette rencontre pour ramener le calme après la tempête meurtrière consécutive à la condamnation de l’opposant Ousmane Sonko, s’est achevée le 24 juin dernier.
A l’accouchement, le président de ce conclave, Moustapha Niasse, a remis entre les mains du mandataire, 270 recommandations, synthèse des 3 semaines de cogitation collective afin de trouver une solution au pays de la Téranga, qui connaît un tangage politico-social depuis quelques mois.
On peut d’ores et déjà, se féliciter du consensus dégagé sur un toilettage de la Loi électorale qui devrait permettre aux condamnés politiques graciés par le chef de l’Etat de pouvoir compétir en février prochain à la présidentielle. Un comité ad hoc devra s’atteler à mettre en musique ce nouveau code électoral dont les bénéficiaires seront des proscrits tels Karim Wade, Khalifa Sall… Ousmane Sonko pourra-il faire l’objet d’une grâce présidentielle, lui qui est sous le coup d’une condamnation ? En tout cas, la campagne «Libérez Sonko» se poursuit avec des échauffourées forces de l’ordre-manifestants. Cette nouvelle modalité prendra-t-elle la forme d’une amnistie ? Si oui, le leader du PASTEF est-il éligible, voie royable vers son éligibilité à ce qui le tient à cœur : la présidentielle de février 2024 ?
En tout cas, les grands gagnants de ce dialogue à chaud, sont le PDS du vieux madré Abdoulaye Wade, qui aura réussi à ramener son fils au-devant de la scène politique, après la longue diète du côté de Doha, mais aussi Khalifa Sall.
Le chef de l’Etat veut amorcer un nouveau tournant afin de préserver l’essentiel à savoir «la forme républicaine de l’Etat, la paix civile, la stabilité et la sécurité du Sénégal». Mais quid du 3e mandat qui l’habiterait et dont il tarde à en annoncer l’intention ?
S’il y a eu une inflexion, disons si Macky Sall a accepté ajouter une sauce sur son Tiebou Djène, il n’a pas bougé d’un iota sur sa position en ce qui concerne le 3e mandat, sauf qu’il en parlera après la korité c’est-à-dire après la Tabaski prévue pour ce 29 juin 2023.
«Je vais répondre parce que le moment est venu pour répondre». Ni donc les manifestants de l’opposition et de la société civile, ni la pression de la rue, n’auront eu raison du timing que s’est fixé Macky Sall pour dévoiler, s’il est candidat à sa propre succession ou non.
Le président-sortant le précise d’ailleurs en affirmant que l’adresse qu’il fera à la Nation sur ce sujet grave, mais personnel, ne saurait être faite sous le diktat du «contexte actuel», mais selon lui sa volonté, et à date choisie de façon «souveraine», et au cours duquel, il expliquera son option (il se présente ou pas !) et qu’il assumera pleinement.
Inflèxion politique du côté du pouvoir, qui ouvre la porte de la présidentielle aux bannis de la République, mais le vrai-faux suspense demeure. Une attitude qui ressemble désormais à un véritable supplice de Tantale pour l’opposition, le F24 et tous ceux qui pressent Macky Sall «d’abouler le morceau», de dévoiler sa volonté politique. De toute façon, Aid-El-Kébir c’est déjà demain, et on sera au jour J décidé par Macky Sall ce qu’il en est, et chacun sera fixé.
La REDACTION


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