CNSP, M5, leaders syndicaux, tout le monde est en activité cérébrale depuis le 15 septembre dernier jour du retour et du rejet de la charte initiale présentée par les putschistes à Accra. Un branle-bas de réflexion pour nettoyer toutes les scories ou mentions attentatoires aux injonctions de la CEDEAO contenues dans la mouture de la Charte égrenées par le colonel Goïta devant ses examinateurs que sont devenus les chefs d’Etat.
En lieu et place des petites bagarres et constipations d’esprit lors des premières consultations où le partage des postes et la méfiance avaient pris le pas sur tout le reste, ce second round aux forceps se tient certes dans une ambiance de stress dicté par la posture de la CEDEAO et aussi des nécessaires calculs de chaque camp. Et l’atmosphère plus détendue augure d’un accouchement par voie basse et non par césarienne et de surcroit d’un bébé qui pourrait survivre !
Un panel de personnalités devrait dégoter et le président civil et le vice-président civil l’attelage qui devra cornaquer la Transition pour les 18 mois prochains. Chaque vocable, chaque mot, adverbe et incise sera examiné avec minutie par la CEDEAO qui n’entend pas que le CNSP le drible pas.
Qui sera cet heureux désigné ? La junte n’a pas confiance à tous ces politiciens qui ont roulé leur bosse depuis le années 90 dans le marigot, voire depuis le régime de Moussa Traoré, lesquels traînent un parfum de gens peu crédibles même de Judas de la République.
Goïta et ses frères d’armes sont méfiants vis-à-vis de ces habituels visages civils de ce second printemps malien , des personnalités qui se sont intégrées dans le M5 pour encore se tailler des places «viandeuses» sans rien apporter en retour pour ce Mali qui en a pourtant tant besoin en ces moments troubles de son existence. Et par conséquent les militaires tiennent ces quasi has been en piètre estime. Mais n’est-ce pas ainsi que se décline la politique au Mali celle du tube digestif et pas seulement là-bas en Afrique ?
En fait, le gros travail devrait revenir à ce petit cercle qui devra sortir ce dirigeant civil intérimaire du chapeau accepté par tous les Maliens. A ce qu’on dit, l’oreille de l’imam Dicko a bourdonné ces jours-ci des chuchotements et de réunions autour de sa personne pour accorder les violons et il n’est pas le seul, d’autres personnes ressources civiles comme militaires gradés ou à la retraite ont reçu des émissaires de Goïta afin de parvenir au consensus sur les termes de la Charte qui satisfassent et les Maliens et la CEDEAO.
Du côté civil notamment du M5 et même de la CEDEAO, on redoute ce «donner de la droite pour reprendre de la gauche» avec ce président et premier ministre civils ceinturés par un vice-président militaire ou à la retraite aux pouvoirs gargantuesques. De fait, la junte s’éclipsera en apparence puisqu’elle sera dissoute, mais restera le vrai maître de ce qui sera en fait un jeu d’ombres.
Le Mali outre l’exemple du Burkina sera un cas d’école car les militaires jouent l’avenir des coups d’Etat : Bannis et punis par la communauté internationale, les grandes muettes africaines se savent surveillées et les populations maliennes voient mieux les FAMA luttant contre les terroristes qui contrôlent 2/3 du pays que renverser un président même gouvernant à vue. Mais, Goïta et les siens savent aussi que leur forfaiture a reçu une certaine bénédiction des Maliens, à charge pour eux de mettre les aspirations du peuple sur la bonne route. Un échec et ce qui colle aux raccourcis militaires s’en trouve confirmé.
La CEDEAO avec cette exigence d’un président civil est entrain de «légaliser» les coups d’Etat. Et ébauche les contours d’une jurisprudence des «putschs» acceptables.
Il suffit désormais que le mercure politico-social monte et que la rue gronde pendant des semaines et voici la soldatesque qui accourt pour sauver le pays mais plus question de tomber dans les mêmes travers que les militaires sacs au dos ou sous-off para-colo.
Place à des officiers très instruits, quadra qui slaloment entre les armes, la politique et la géopolitique et qui savent se mouler dans la peau de sauveurs. La CEDEAO n’est-elle pas en train de chanter le requiem de la démocratie en Afrique, en tout cas les Te Deum du pouvoir kaki enrobé en parachèvement d’insurrection ? Maintenant pour peu qu’un vent fort souffle sur un régime, la rue donne de la voix et bonjour les prétoriens. Mais attendons de voir la note de la CEDEAO sur cette nouvelle copie des putschistes de Kati demain mardi. Et ce qu’en dira l’envoyé spécial Good Luck Jonathan ce 23 septembre.
La rédaction


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