Depuis qu’à Washington en marge du Sommet USA-Afrique, Nana-Akufo Addo, le président ghanéen a accusé le 14 decembre dernier Burkina Faso « de recourir aux services de Wagner… et d’avoir octroyé une mine à ce groupe russe» les relations se sont tendues entre les 2 pays.
Outre le fait que la toile s’est emballée, chacun surtout du côté burkinabè, chacun invitant le chef de l’Etat ghanéen à « s’occuper de ses oignons », outre le prurit de la rue, les autorités du Faso ont réagi au quart du tour en convoquant l’ambassadeur ghanéen au Burkina, Boniface Gambila Adagbila pour explications au ministère des Affaires étrangères, et rappelé de l’ambassadeur du Burkina à Accra, le général Pingrenoma Zagré pour consultations. S’en suivrons un démenti du ministre burkinabè des Mines Simon Pierre Boussim battant en brèche l’affirmation du président ghanéen qu’une mine d’or aurait été offerte à Wagner comme rétribution de leurs services. Entre le Ghana et le Burkina, les esprits se sont échauffés, mais voilà qu’hier 21 décembre 2022, soit une semaine après sa sortie, Nana-Akufo Addo a dépêché une délégation forte d’une dizaine de personnes pour faire acte de contrition auprès des autorités du Burkina Faso. Ainsi donc, ces missi dominici, conduits par le ministre ghanéen de la Sécurité nationale Albert Kan Dapaah ont d’abord été reçus par la cheffe de la diplomation Burkinabè Olivia Rouamba, puis elle a eu une séance de travail avec les autorités coutumières, et enfin une rencontre avec le président de la Transition Ibrahim Traoré.
A 78 ans, Nana-Akufo Addo fait preuve ainsi d’humilité, de grandeur et de posture chevaleresque. Il n’est pas immérité ni honteux de reconnaître qu’on s’est fourvoyé, et demander des excuses. Au contraire, par cette attitude, Nana-Akufo fait montre d’une grande sagesse auprès de ce jeune putschiste, devenu son homologue, qui aurait pu être son fils.
Oui le grand et paternel Akufo du Ghana a envoyé des emissaires venus présenter ses excuses au « petit IB » du Burkina. C’est aussi ça la différence entre les anglophones et francophones. Ailleurs, on se serait tapé la poitrine et dire « moi, aller demander pardon à ce petit là ? jamais !». IB aussi en acceptant de fumer le calumet de la paix avec le Ghanéen, apprend vite : en politique, a fortiori lorsqu’on est chef d’Etat, il faut savoir arrondir les angles. Même Thomas Sankara, sa référence n’y dérogeait pas. Le compromis est au cœur de la politique surtout en matière de voisinage, sauf à vouloir engager une guerre avec ledit voisin. Alors que l’heure n’est pas à cette perspective avec le terrorisme qui franchit allègrement les frontières. On ne peut donc que saluer et se féliciter du dénouement de ce quiproquo entre les deux pays, qui aujourd’hui n’ont qu’un seul combat qui vaille : la lutte contre le terrorisme.
La rédaction


COMMENTAIRES
Ne traitez notre président IBRAHIM TRAORÉ de « petit » président. Il n’y en a pas ! Il n’y a plutôt que de pierres comme celui d’en face.