Grand-messe des ambassadrices et ambassadeurs à Paris : L’oracle Jupitérien: sauver Bazoum ou qui sera le prochain domino ?

Grand-messe des ambassadrices et ambassadeurs à Paris : L’oracle Jupitérien: sauver Bazoum ou qui sera le prochain domino ?

«Si la CEDEAO lâche Bazoum», qui sera le prochain domino ? Telle est l’angoissante et réaliste question du président français, hier 28 août 2023 à Paris lors du traditionnel jamborée des ambassadrices et ambassadeurs de France.

Ou plutôt le «ni-ni». Ni paternalisme, ni faiblesse, succédané de «ni ingérence, ni indifférence» Chiraquienne et Sarkozienne. Mais chez Jupiter c’est du «En même temps». C’est un Emmanuel Macron visiblement agacé par la situation au Sahel et dont le discours n’est pas sans rappeler celui de l’avant-Pau (réunion des chefs d’Etat de la sous-région). On sentait pointer un peu de l’ire, mais aussi de la détermination contre d’abord la situation dans l’ex-glacis français, coloré de couleur kaki au sommet de l’Etat. Et plus, particulièrement le dernier épisode du feuilleton de bravade Niger-France, avec l’expulsion de l’ambassadeur Sylvain Itté, décrétée par les militaires, oukase refusé et par ce dernier et par la France, qui ne reconnaissent pas comme on le sait le CNSP. Un Itté qui est donc resté à Niamey bunkerisé.

Soutien et bonne appréciation au diplomate français en poste à Niamey lequel est menacé par les putschistes d’être sujet à un départ par la force, s’il rechigne à le faire de bonne grâce !

La réplique orale de Jupiter, hier a été plus que limpide : Itté pas bougé ! Car seul, le président élu Bazoum peut le faire es-qualité. Une posture qui n’a pas varié d’un iota et la salve jupitérienne se poursuivra contre les tombeurs de Bazoum. Haro sur les «narratifs des putschistes» selon Marcon, des propos qui mettent une région en danger et font un terreau propice à la progression des terroristes affirmera-t-il en substance. Et surtout assombrissent plus l’horizon des populations du Sahel, foi toujours d’Emmanuel Macron. Il reconnaît une géopolitique en pleine mutation, un vent fort qui «affaiblit l’Occident et même conteste l’ONU et d’autres organisations». Mais ce n’est pas une raison toujours selon le président français de laisser s’installer une sorte de chienlit politique, qui jure avec les valeurs du progrès, et des avancées démocratiques. Et sur le Niger, non seulement l’ambassadeur Itté reste, mais la France ne peut et ne saurait cautionner le putsch. Le bras de fer continue.

Pas un mot sur le fait que si les Africains et pas seulement eux, donnent de la voix, posent des actes, et montrent des ressentiments antipolitiques de l’Occident, et en particulier français, c’est que sa politique ne rentre plus dans le «ni-ni». Or, le «En même temps» macroniste passe difficilement au Sahel, avec des dévolutions de pouvoirs putschistes tolérés comme au Tchad, et d’autres qui horripilent comme au Niger !

Macron a lâché ce que pensent aussi tout bas de nombreux Africains au milieu des flonflons de soutiens, les hourras et certaines contestations là où l’opinion sahélienne est divisée, en témoignent les invectives, et violentes paroles, si ce n’est des arguments fallacieux sur la Toile. Même si d’aucuns estiment qu’il faut d’abord commencer à condamner les pantomimes constitutionnelles, les 3e mandats. A écouter ce grand oral de Macron, qui l’a fait presque sans note, on devine que ce sujet de putsch, de «Sahel qui échappe» à la France, à cette sorte de relation crépusculaire, entre une ex-Métropole et ses anciennes colonies, on devine qu’il le maîtrise, mais que la trajectoire lui déplaît. Macron a raison en partie, car si retour des prétoriens il y a, c’est qu’il y a des raisons objectives, mais faut-il accepter certains ou s’en accommoder et flétrir d’autres ? C’est une question qui donne de l’urticaire à de nombreux Africains. Et sans le rétablissement de Bazoum, tous les ADO, Faure, Talon, Macky Sall sont des dominos potentiels ? Laisser le général Tiani continuer, et biffer la 7e République au Niger et Bazoum, c’est dire aux autres présidents de la sous-région que tôt ou tard, ils seront renversés par des militaires ! Oracle jupitérien ou colère d’un président d’un pays qui subit un divorce avec son ex-précarré ?

Zowenmanogo D. ZOUNGRANA

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