En marge de la commémoration de la 61ème fête de l’indépendance du Burkina Faso, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a accordé dans la nuit du samedi 11 décembre 2021, un grand entretien à des journalistes.
Lors de cet exercice, diffusé en direct sur les antennes de la télévision nationale, le chef de l’Etat a fait un tour d’horizon de la situation nationale marquée par la poussée terroriste et abordé les questions importantes de la vie de la Nation. Gouvernance économique, réconciliation nationale, crise humanitaire, ont été les grandes questions de cet entretien.
Face aux trois journalistes, le locataire de Kosyam a dans un premier temps, justifié le choix du Dr Lassina Zerbo pour succéder à Christophe Dabiré à la primature. Selon lui, il s’agit d’apporter du sang neuf à l’exécutif. «J’ai pensé qu’il fallait redonner du sang neuf à l’exécutif. Et je pense que le Dr Lassina Zerbo a toutes les capacités nécessaires sur le plan de la maîtrise sécuritaire ainsi que sur le fait d’amener du sang neuf à l’exécutif», a-t-il déclaré.
Sur l’enquête administrative consécutive au drame d’Inata qui avait provoqué l’onde de choc au sein de l’opinion, le président a évoqué les raisons du rejet du rapport de l’Inspection générale des armées. «Ce qui est arrivé à Inata est inacceptable. Nous avons demandé qu’un rapport nous soit déposé. Cela a été fait mais le rapport n’a pas établi de façon très claire les responsabilités. Dans le rapport, il avait été établi que le délai accordé pour mener les enquêtes n’était pas suffisant. C’est pourquoi, j’ai rejeté le rapport et j’ai accordé un délai de 10 jours pour des enquêtes supplémentaires. Le rapport sera remis le lundi», a expliqué Roch Kaboré.
Le locataire de Kosyam a saisi l’occasion pour une fois de plus saluer l’effort des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dans la lutte contre le terrorisme. «Aujourd’hui, la place des VDP est très importante. Au début lorsque nous avions pris cette initiative, d’aucuns avaient pensé que ce sont des milices que nous étions en train de créer. Mais aujourd’hui, force est de constater qu’ils font du très bon travail…», a indiqué le président du Faso.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire et l’hypothèse de décréter l’Etat de siège, le président s’est voulu beaucoup plus prudent. Pour lui, pour aller vers un Etat de siège, des discussions et réflexions s’imposent. Quand vous décrétez l’État d’urgence dans une zone, il vous faut avoir les moyens de gérer cette décision (…) Nous sommes en train de regarder si l’État d’urgence est une solution. Si c’est une solution nous allons l’adopter. Au cas contraire, ça ne sert à rien de restreindre les libertés des gens…», a-t-il noté.
Et Roch Kaboré d’ajouter que «Si aujourd’hui le terrorisme a une circulation facile dans notre pays, c’est parce qu’il y’a des Burkinabè qui ont un comportement qui favorise cela».
Sur le début de l’opération «Mains propres» promise lors de son allocution nocturne du 25 novembre dernier, le chef de l’Etat a indiqué qu’il est important de respecter la présomption d’innocence. «Si des procédures sont engagées contre un agent de l’état, cet agent est automatiquement suspendu. Mais, il ne faut pas ignorer la présomption d’innocence. Parce que ceux dont on parle, jusqu’à preuve de contraire aucune poursuite n’a été engagée contre eux. On ne peut pas se baser sur les écrits dans un journal papier pour suspendre quelqu’un… Je n’ai pas d’amis que je protège de façon particulière. Si quelqu’un est pris dans une malversation, il répondra», a-t-il lancé.
Dans la perspective de la suite de son mandat, Roch Kaboré s’est dit déterminé à relever le défi sécuritaire. «Les trois ans qui restent de mon mandat sont pour moi, comme un défi à relever. La question sécuritaire est pour moi un défi à relever au cours de ces trois ans à venir», a-t-il annoncé.


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