Guerre dans le Nord-Kivu en RDC : Paris indexe Kigali pour non-respect des Accords de Luanda et de Nairobi

Guerre dans le Nord-Kivu en RDC : Paris indexe Kigali pour non-respect des Accords de Luanda et de Nairobi

A la suite des Etats-Unis et un peu sur le tard ou plus de façon opportune (veille de la publication d’un rapport onusien), la France pointe du doigt le Rwanda de rouler au pied les Accords de paix, et de cessez-le-feu obtenus à coups de conclaves entre le facilitateur attitré de cette crise du Nord-Kivu, l’ex-chef d’Etat Kenyan, Uhuru Kenyatta, son homologue congolais ou rwandais, les 2 s’évitent mutuellement, et les présidents angolais, Joao Lourenço et Evariste Ndayishimiye du Burundi.

Un tel gentlemen agreement qui avait déjà été snobé par le M23, et dont les rebelles continuent à endeuiller la capitale provinciale de cette région, un tel refus ne l’a été que par la bénédiction du Rwanda selon Kinshasa et des sources onusiennes.

Alors, si par la voix de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, la France fait bouger son curseur diplomatique, c’est que l’heure est d’abord grave à Goma et alentours.

La longue file de nouveaux boat-people qui serpente sur les routes pour s’éloigner des zones de combats en dit long sur les exactions des rebelles du M23, malgré la résistance des soldats congolais aidés de leurs frères d’armes kenyans.

Ensuite, si malgré le rapprochement entre Paris et Kigali avec la reconduction de Louise Mushikiwabo à la tête de l’OIF et le rapport de la Commission Duclert salué du côté du Rwanda, sur son travail fouillé, sur le rôle de la France dans le génocide rwandais, sans oublier le retour d’un ambassadeur de France au Rwanda, si en dépit de toutes ces avancées diplomatiques, Paris a osé affirmé que Kigali ne respecte pas ce qui a été signé à Nairobi et à Luanda, c’est que :

Primo : la France reconnaît implicitement que c’est bien le Rwanda qui soutient à bout de bras le groupe M23.

Secondo : à quelques jours de la publication d’un rapport de l’ONU sur la situation à l’Est de la RDC, rapport du même tonneau que la position française, et étayé de preuves patentes, à quelques encablures de la sortie d’un tel document, c’est plutôt devancer un peu l’iguane dans l’eau, une bonne anticipation qui a reçu sans doute le quitus de l’Occident pour ne pas dire de l’UE, sauf peut-être de la Grande-Bretagne, qui vient de signer un accord polémiqué de redéploiement des demandeurs d’asile avec le Rwanda, sauf ce pays qui pourrait y faire faux bon. Quelle sera la réaction de Kigali face à cette charge française ?

Le Rwanda va-t-il répliquer ? Et sous quelle forme ? On imagine qu’un tel incident puisse rendre réversible, la dynamique des rapports entre ces 2 pays, lesquels rapports ont souvent évolué en dents de scie, souvent jusqu’à la rupture, avant de stabiliser sous Jupiter.

La REDACTION

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