Hausse du prix du pain de 50 francs CFA : le gouvernement désavoue les boulangers et annonce des contrôles

Hausse du prix du pain de 50 francs CFA : le gouvernement désavoue les boulangers et annonce des contrôles

Ce n’est plus un bras de fer, mais un jeu de ping-pong qui est servi aux consommateurs dans ce qui s’est imposé comme le dossier du pain. Moins d’un mois après l’alerte donnée par le biais d’un point de presse le 9 mai dernier, pour annoncer une possible hausse du prix du pain, les boulangers et pâtissiers sont de nouveau revenus à la charge. Hier mardi 24 mai 2022, dans une note non signée, l’annonce a finalement été rendue officielle. «A compter de ce 24 mai 2022 à 22 heures, le prix de la baguette passe de 150 à 200 francs CFA avec un poids de 200 grammes». Cette annonce largement reprise sur les réseaux sociaux a immédiatement fait réagir le ministère du Commerce.

Dans sa réaction publiée sur sa page officielle, le ministère de tutelle s’inscrit en faux contre cette nouvelle tarification des boulangers et pâtissiers et précise que le prix n’a connu aucune hausse. «Selon une information émanant d’organisations de boulangers, le prix de la baguette de pain passerait de 150 à 200 F CFA. Le ministère en charge du Commerce tient à rassurer les populations que le prix du pain n’a pas connu d’augmentation», indique la note. Face à cette décision «unilatérale» et  à ce qui s’apparente à un passage en force des boulangers et pâtissiers, le ministère du Commerce a durci le ton. Dans un second communiqué dont nous avons reçu copie, il est rappelé que «l’article 18 du décret n°2020-0532/PRES/PM/MCIA/MJ/MINEFID, portant réglementation des prix des biens et services soumis à un contrôle stipule que l’agrément des devis ou des demandes de fixation des prix est constaté par arrêté du ministre chargé du Commerce après avis de la Commission nationale de la concurrence et de la consommation».

Dans ce sens, explique le même communiqué et suite à la demande de révision des prix par les acteurs du secteur de la boulangerie, le ministère dit avoir engagé des concertations avec les associations des boulangers et pâtissiers ainsi que la société civile avec la tenue du Cadre de concertation tripartite sur les produits de grande consommation le 12 mai 2022. Selon le texte, les discussions sont en cours et aucun nouvel arrêté n’a été pris pour fixer le prix de la baguette de pain au Burina Faso. «Par conséquent, les prix de la baquette de pain restent inchangés conformément à l’arrêté n°2011-0228/MICA/SG/DGCI du 02 décembre 2011 fixant les prix de vente de la baguette de pain», conclut le communiqué tout en ajoutant que des contrôles seront effectués pour veiller au respect de ladite mesure.

Quelle sera l’issue de ce ping-pong entre les deux parties. Les boulangers et pâtissiers vont-ils franchir le Rubicon en dépit du rappel à l’ordre du ministère de tutelle en procédant à cette hausse «unilatérale» comme indiqué dans leur annonce? Peut-on espérer un compromis de dernière minute entre les deux parties au moment où le dialogue semble buter sur des contradictions ? Notons que  depuis plusieurs semaines, les consommateurs ont constaté une baisse considérable du poids du pain vendu dans plusieurs boulangeries de la capitale sans qu’une explication ne soit apportée à cette situation.

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