Prévue pour mercredi prochain, le président de la Confédération africaine de football (CAF) a anticipé sa visite au pays de Paul Biya. C’est dire que le sort de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est aussi urgent que préoccupant. Ces dernières semaines, le report du rendez-vous biennal du football continental a fait monter l’audimat.
Pour cette fois, tout semble indiquer que le Cameroun s’est affranchi de son maladif laxisme qui lui colle à la peau. Le vieux lion Roger Mila et les siens sont prêts pour accueillir la grande fête du football africain qui devrait se disputer à partir du 9 janvier, avec en match d’ouverture, l’opposition Cameroun # Burkina. Si le Cameroun est prêt, ce n’est pas le cas de la communauté scientifique, visiblement prise de court par un nouveau variant baptisé Omicron.
Découvert en Afrique du Sud, ce variant de la Covid-19 a immédiatement entamé sa migration mortuaire, émeute naturellement les épidémiologistes et les gouvernants du monde entier, obligeant ainsi plusieurs Etats à l’adoption de mesures strictes et surtout à une revaccination à tour de bras. D’un point de vue médical, la CAN semble une nouvelle fois prise dans un engrenage sanitaire hostile à la fête. Or, ce raout de pieds agiles africains autour du roi foot se veut avant tout une fête auréolée de couleurs et de décibels. Sans vergogne ni pudeur, certains clubs européens ont cru bon d’envoyer une dose de vaccin acidimétrique au football africain.
Pour ces négriers d’un autre genre, peu enclins à reconnaître la valeur des footballeurs africains, mais aptes à développer les symptômes anti-Can aiguë, le prétexte est tout trouvé. Voir leurs clubs se vider de leur «classe noire» est une catastrophe aux dégâts financiers insoupçonnables.
Les plus honnêtes n’ont d’ailleurs pas hésité à traiter la CAN de rendez-vous de moindre importance. Le face à face entre la FIFA et la CAF n’ayant pas abouti à un report acté de la CAN, le patron de la CAF a donc atterri au Cameroun. Espère-t-il dénicher la faille de la dernière minute ? Nous n’en savons rien, si ce n’est que le richissime homme d’affaires sud-africain, tenaillé entre le maintien ou le report de la CAN, semble n’avoir pas trouvé quelque chose à redire. Mieux, ses premières impressions sont plutôt rassurantes.
Tout en réaffirmant son engagement à faire de la CAN camerounaise un succès, Patrice Motsepe laissera même entendre que les réunions prévues dans les heures qui suivent, traduiront la fierté du Cameroun et du continent tout entier. En d’autres termes, le Cameroun n’a pas encore sa CAN en poche, mais l’idée du report s’est estompée derrière le large sourire du patron du football africain.
Cette première sortie de Motsepe qui était en compagnie du ministre des Sports camerounais a certes rassuré, mais il faudra attendre les toutes prochaines réunions de la CAF pour être définitivement fixé sur le sort de Cameroun 2021. Néanmoins, l’optimisme et l’enthousiasme que partage l’Afrique depuis que la CAF a tenu tête à la FIFA sont légitimes. Le pays organisateur étant prêt, rien n’empêche le déroulé de la fête du football africain. A moins que la Covid-19 et son nouveau variant Omicron décident d’être moins cléments qu’ils ne l’ont été jusque-là.
Ahmed JUNIOR


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