Un fard sur certaines réalités qu’on impose en Afrique, en particulier cette démocratie, c’est l’un des points intéressants de l’entretien accordé par le capitaine-président burkinabè IB à des journalistes ce 2 avril 2026, au lendemain des noces de Coton de la RPP.
Pour le capitaine IB, quelque chose est née en cette fin septembre 2022, radicale et prometteuse, continuation des chambardements sankaristes de 1983 ! Et l’injonction de faire fi de la démocratie entre dans ce cadre. De nombreuses idées- forces se retrouvent dans cet entretien. Attardons-nous sur cette phrase qui fera couler beaucoup d’encre et de salive et fera forcément date : « la démocratie, ce n’est pas pour nous ! ». Qu’elle soit montesquieuse ou toequevilienne même « africanisée », IB les met toutes dans le même panier : inepte et inutile. La RPP de 2022 s’inspire largement de la RDP du père de la Révolution d’Août 83. Les idéaux, le dépoussiérage de certaines règles, beaucoup d’actes renvoient à l’avènement de celui qui débaptisa la Haute Volta en Burkina Faso : Produire et consommer burkinabè, être digne, dénoncer et combattre l’impérialisme et ses larbins locaux, ce que IB nomme «les esclaves de salon» L’interview de ce 2 avril 2026, promène un miroir sur les remparts de la RDP avec en plus un défi majeur à relever inexistant il y a 43 ans : la lutte et la victoire contre les terroristes.
A ce zeste quatre-vingtroisien, s’ajoute un entêtant parfum de 1994, rwandais. On sent quelques effluves venant des Mille collines ! Plus exactement de bonnes idées venant de Paul Kagame, le chef d’Etat du Rwanda. Manger à sa faim, se soigner intramuros, l’accès à l’éducation, à la justice communautaire. Voilà la démocratie Kagaméenne ! Pas loin de celle que professe IB. Mais le parallèle s’arrête là et le Rwanda n’est pas le Burkina qui a ses réalités. Par exemple cette lutte pour se dépêtrer de l’ombrageuse tutelle impérialiste. Et pour le président Burkinabè, qui repondait à une question d’un journaliste, n’en déplaise au général Fabien Mandon chef d’Etat Major français, la lutte contre le terrorisme avance et chacun doit balayer devant sa porte. La démocratie à l’occidental, du moins telle qu’issue des codes de ce monde, ça ne marche plus a martelé le président du Faso. Tout juste un système importé qui ne colle à rien aux Africains. Un IB qui invite ses compatriotes à se départir de la facilité, des sirènes de l’impérialisme et à se concentrer sur l’essentiel pour le Burkina Faso. IB privilégie le choix du développementalisme au forceps, plutôt que cette démocratie. Paul Kagame était apprécié par les présidents sud-africain Thabo M’Beki et burkinabè Blaise Compaoré, pour son pragmatisme. Et pour la petite histoire, c’est pourtant au Burkina Faso que l’homme mince d’Urugwiro Village (la présidence rwandaie) a appris dans les années 80-90 ce qu’il applique dans son pays. On retient de cette sortie du 2 avril 2026, que c’est au prix d’efforts qu’émergera le socle qui se nomme espérance qu’on pourra appeler Nouveau Burkina.
Dieudonné Zowenmanogo Zoungrana


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