Intervention militaire au Niger : L’UA, la CEDEAO et  l’international se craquellent-ils ? 

Intervention militaire au Niger : L’UA, la CEDEAO et  l’international se craquellent-ils ? 

Toujours sur la table, c’est le mantra répété par la CEDEAO, comprendre qu’outre la diplomatie, l’intervention militaire reste une option pour contraindre les putschistes du Niger à rendre le pouvoir au président élu Mohamed Bazoum perclus au sous-sol du palais présidentiel depuis le 26 juillet. Décidé le 31 juillet à Abuja lors d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO, l’ont réitéré le 10 août, après l’expiration d’un ultimatum donné au général Tchiani, qui finissait le 6 août, la descente de soldats sur Niamey pour remettre l’Etat de droit sur selle, demeure chevillée au corps de la CEDEAO.

Les chefs d’Etat-major des armées y travaillent et après le faux-rendez-vous du 9 août d’Accra, ce sera demain 17 août qu’un autre conclave de ces hauts gradés partisans de la force pour rétablir le pouvoir au Niger aura lieu.

Un usage des armes qui commence à ne plus faire l’unanimité selon plusieurs sources,  des fuites, petites phrases lâchées çà et là et des sous-entendus enrobés dans des circonlocutions diplomatiques. Non seulement à l’UA, dans la sous-région au sein de la CEDEAO, mais aussi chez la Communauté internationale, malgré l’unité de façade. D’abord, c’est le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, qui renâcle à donner son quitus à cette intervention: «L’UA n’a pas été créée pour faire la guerre contre un Etat membre». L’organisation continentale aurait voulu dire non à la CEDEAO qu’elle n’employerait pas d’autre phrase. Et si l’UA s’oppose, la CEDEAO ne peut que s’y plier.

Ensuite, au sein même de la CEDEAO, quelques voix le disent mezza voce que plus le temps passe, moins une intervention au Niger aura des résultats probants. D’autres estiment que ce sera les mêmes mosaïques de population qui pourraient faire la guerre. On peut citer le cas du ministre de la Défense du Mali, le colonel Sadio Camara lequel  depuis Moscou, hier 15 août, a appelé à une fronde anti-CEDEAO.

Mieux ou pire, les pays qui sont partants pour cette intervention voient les trolls et autres activistes leur tomber à bras raccourcis non seulement sur les chefs d’Etat de ces pays, mais distillent la désinformation et des nouvelles nauséeuses. Et sur les 15 de la CEDEAO, si on excepte les «4 refusards» Mali, Burkina, Niger, Guinée et les «7 neutres», il reste «4 va-t-en-guerre».

Certains leaders religieux le disent aussi clairement comme l’Episcopat Burkina-Niger ou des chefs musulmans du Nigeria, tous privilégiant le dialogue. On le voit, cette intervention qui est toujours valable vu d’Abuja  lézarde l’UA, la sous-région et la CEDEAO. Et ce n’est pas tout. La France, on sait depuis le 26 juillet 2023, n’a jamais varié de posture, et celle –ci semble être en osmose avec les USA.

A priori, les planètes sont alignées diplomatiquement entre la France et l’Amérique, concernant le retour à un Etat de droit et les 2 pays font chorus derrière une CEDEAO-père fouetard contre le Niger. Même si on sait que sur beaucoup d’aspects, depuis le putsch, les USA ne sont pas très diserts.

Mais analystes et connaisseurs de la géopolitique s’accordent à dire qu’il y a quelque chose qui tient à cœur la grande Amérique : Ne pas bouger leurs bases militaires dont les pénates sont à Niamey et à Agadez. Sur le plan pratique et militaire, les Américains ont raison : partir, ce serait passer par pertes et profit le lourd investissement réalisé au Niger, c’est laisser également un vide aux terroristes qui sont très actifs dans la zone des 3 frontières. Même la France est d’accord pour cette raison. Enfin, partir pour les «Boys» américains, c’est faire la part belle aux Russes et Chinois !

Les mêmes sources avancent que vu du Potomac, les vertus d’une intervention au Niger, ne sont plus pertinentes, même si officiellement, on ne le dit pas Washington serait plutôt favorable à une courte transition sans Mohamed Bazoum, c’est-à-dire coexister avec ce régime putschiste, ce qui jure avec ses sacro-saints principes (le Burkina, le Mali et la Guinée, ne sont plus fréquentables) une entorse, une première avec le Niger. Une petite relecture de Tocqueville ! En tous les cas, officiellement pour le moment, France-USA même objectif au Niger : Retour de la démocratie ! Pendant ce temps, les sanctions se font plus lourdes, plus paupérisantes !  C’est peut-être ça qui peut faire plier les putschistes. En attendant, le nouveau gouvernement prend ses quartiers, UA- CEDEAO-Washington-Paris- Rome- Berlin manient tantôt la carotte tantôt le bâton, pour ne pas dire jouent au funabulistes et tout demeure fugace au Niger.

La REDACTION

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