*boulettes de maïs fermenté, le plat national
La commission électorale confirme donc ce que Mahamudu Bawumia avait concédé à son principal challenger : la victoire de ce dernier et sa défaite à lui. 56% pour John Mahama Dramani contre 41% pour Bawumia, tandis que les 10 autres candidats malheureux se partagent les 3%.
Le taux de participation est de 60,9%, 7 points de moins que la dernière présidentielle. Et Mahama qui gagne avec 5 points de plus que Nana-Addo doit embrayer au quart de tour face aux problèmes qui tenaillent ses compatriotes.
Le PIB du Ghana est tombé en 2022 de 3,8% à 2,9% en 2023, l’inflation qui culminait à 50% est certes retombée à 23%, mais reste toujours énorme. Le déficit budgétaire était de 4,5% en 2023 tandis que la dette publique représente 80% du PIB. Les perspectives macroéconomiques tablent sur une hausse du PIB à 4,3% en 2025 et à une inflation stabilisée à 11,1%, la même année. Il ya donc de grands chantiers
Lorsqu’il s’installera dans le fauteuil présidentiel, le président élu du Ghana ce 7 décembre 2024, John Dramani Mahama aura ces chiffres dans son bureau. Car pour rébarbatifs qu’ils soient, ces données traduisent les états d’âme de ses compatriotes.
Le champion du NDC, oint par les urnes devra donc s’attaquer à une dette dont l’insolvabilité revient comme un boulet. Sauvé en 2023 par le FMI avec 3 milliards de dollars, le Ghana reste toujours dans la limite du rouge. Le taux de chômage atteint un Ghanéen sur 7, il était de 1/20, il y a 20 ans.
Autres grands défis auxquels devra faire face Dramani, la question aurifère : 1er producteur d’or en Afrique et 10e au monde, le Ghana bénéficie des retombées de ce métal précieux avec 5,2 milliards de dollars engrangés en 2023. Hélas, cet or est devenu également un problème national, du fait des pollutions au mercure et autres produits nocifs qu’utilisent les orpailleurs artisanaux.
Le 9 octobre dernier par exemple, des Ghanéens ont manifesté contre les rivières polluées et les forêts détruites à grande échelle par les chercheurs d’or illégaux.
Depuis 2011, les hydrocarbures contribuent pour 10,2% au PIB. 500 mille barils de pétrole/j ont été exploités en 2024. Le pays se rêve en grand raffineur avec son «Petroleum Hub», mais des problèmes subsistent.
Cependant, le plus grand défi qui urge et que John Dramani Mahama devra solutionner, reste le panier de la ménagère très léger à cause d’un cédi déprécié et grosso modo d’une économie en berne. La valse des étiquettes varie entre 150 à 7% dans les marchés et les produits de première nécessité restent hors d’atteinte pour le citoyen moyen.
Ainsi en va-t-il du Gakenkey, ces boulettes à base de maïs fermenté, le plat national du Ghana, qui n’a certes pas connu de hausse, mais ces boulettes sont devenues tellement… petites qu’un plat ne rassasie plus ! Les faire grossir, ces Gakenkey, tout en maintenant le prix fissa, voilà le défi immédiat que doit relever Dramani.
Zowenmanogo Dieudonné ZOUNGRANA


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