Hier mercredi 2 octobre 2019, dans la matinée, des centaines de personnes déplacées du fait du terrorisme ont bruyamment manifesté dans le centre de la ville de Kongoussi, en bloquant l’accès de la ville au niveau du grand rond-point obligeant plusieurs usagers à rebrousser chemin.
Par la suite, les manifestants ont mis le cap sur la Route nationale (RN) N°22 où ils ont érigé des barricades. Visiblement remontés, les manifestants ont exprimé leur colère et leur détresse face à la situation qui est la sienne et qui s’apparente à un «abandon». A l’unisson, ils ont exprimé leur envie de regagner leurs villages et exigé des autorités burkinabè, la sécurisation de ces localités.
«Nous ne sommes pas des affamés. Nous avons juste besoin de la sécurité pour vivre. Dans nos villages on vient nous massacrer et l’État ne fait rien pour nous venir en aide. Nos parents assassinés jouxtent toujours dans les champs depuis 3 jours parce que les gens ont fui. Depuis le début des attaques à Zimtanga, aucune présence de forces de défense n’a été constatée.
Chaque jour c’est des réunions à n’en pas finir au niveau de l’administration pendant que nous mourrons sur le terrain trop c’est trop. Si l’État est incapable de nous sécuriser, nous allons prendre nos responsabilités. Alors qu’il nous autorise à payer des armes pour le faire nous-même», s’est indigné un manifestant dans la foule âgé d’environ 50 ans et dont les propos sont rapportés par l’AIB. En milieu de journée, le gouverneur de la région du Centre-Nord, Casimir Segda s’est rendu à la suite du maire de la commune de Kongoussi pour s’entretenir avec les manifestants.
Selon plusieurs sources, il s’agit en majorité des populations déplacées venues de la commune de Zimtanga, qui a subi plusieurs incursions meurtrières ces dernières semaines.


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