La France suspend son aide au développement et son appui  budgétaire au Burkina : Comme mesures de rétorsion au soutien des putschistes nigériens

La France suspend son aide au développement et son appui budgétaire au Burkina : Comme mesures de rétorsion au soutien des putschistes nigériens

Le Quai d’Orsay attendait-il l’approche de l’expiration de l’ultimatum de la CEDEAO aux putschistes nigériens pour prendre la décision ou est-ce un hasard ? C’est à H-1 c’est-à-dire à 23 heures GMT mais bien minuit à Niamey de ce 6 août 2023 que la nouvelle sanction est tombée au Burkina : la France suspend son aide au développement et son appui budgétaire au Burkina Faso. En 2022, l’appui budgétaire était de 13 millions d’Euros et l’aide au développement 482 millions d’Euros.Sans oublier les activités de l’AFD qui sont multiformes.

Ces décisions sont des mesures de rétorsion envers le Burkina, qui soutient la junte nigérienne, et a même déclaré que toute «intervention de la CEDEAO au Niger équivaudrait à une déclaration de guerre contre le Burkina».

Une tonalité martiale partagée par le Mali, ce qui forme un triumvirat (Niger- Mali- Burkina) anti-CEDEAO, et par translation et vu les manifs anti-françaises. D’ailleurs, une délégation malo-burkinabè était à Niamey hier pour soutenir le Général Tchiani.

Or, la France s’aligne sur les initiatives de la CEDEAO donc est partante pour une intervention militaire pour restaurer la démocratie au Niger, autant dire que la posture adoptée par le Burkina Faso, prend à rebrousse-poil celles de la CEDEAO et de facto de la France.

Laquelle France a décidé de couper le robinet, un robinet que d’aucuns diront que c’était infime, mais dans le contexte actuel, 1 sous est un sous et il faut le prendre.

Dans la foulée, d’ailleurs la compagnie Air France a décidé hier 7 août, de suspendre ses dessertes Paris-Bamako-Ouaga, jusqu’au 11 août pour quasiment la même raison : le cas nigérien. Mais ici, rentre en plus des considérations sécuritaires. Avec le coup d’Etat au Niger, les précédents au Mali et au Burkina, l’évolution des conditions sécuritaires incite selon Paris, à arrêter la liaison aérienne entre les 3 capitales, lesquelles formant une sorte d’Amicale des putschistes de la sous-région. La France a donc décidé de placer ces 3 pays en zone rouge, donc pas question qu’un avion d’Air France s’y pose.

L’aide au développement et l’appui budgétaire ont certes été en baisse par rapport à certaines années précédantes, mais avec cet apport en moins, et le gros manquant du MCA des Américains, pour un Burkina en guerre, qui fait des cotisations à cet effet, cette coupure de la France manquera au Burkina, malgré sa résilience ! Mais pour les autorités de ces pays, si c’est le prix à payer pour une indépendance concrète…

Une occasion encore d’éprouver la résilience des Burkinabè ? Sans doute, car depuis quelques mois, ils n’en finissent pas d’accepter privation sur privation, c’est le prix de la liberté qu’ils veulent conserver vis-à-vis des terroristes qui convoitent de les arracher. La dette intérieure est difficilement solvable.

Il y a la dette extérieure, qu’il faut aussi payer, pouvoir militaire ou civil, et il y a la guerre et la vie de tous les jours. Quelle sera d’ailleurs la position de l’UE suite à cette suspension de la France ? De toute façon avec la France, on sait les relations exécrables avec le Burkina, depuis le départ de l’ambassadeur, des soldats français et de la dénonciation des Accords.  Le soutien du MPSR 2 au CNSP au Niger, est-il la goutte de trop si on écoute la France, qui dit avoir toujours voulu continuer avec le Burkina, même sous pouvoir kaki ? Sans doute ! 

 

La REDACTION

 

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