Si son prédécesseur qui lorgne désormais l’Elysée, Bruno Retailleau avait des relations tendues avec l’Algérie, partisan d’un bras de fer, voire de faire comprendre à l’Algérie que la France n’est pas contente, son remplaçant, Laurent Nunez, l’affable ancien préfet de police de Paris, devenu locataire de la Place Beauvau, se veut plutôt partisan de la diplomatie sécuritaire, surtout avec un pays où les motifs de discorde anciens et nouveaux ne manquent pas.
Durant 48 heures, Laurent Nunez sera à Alger pour rabibocher des relations très sensibles exacerbées ces derniers temps par la marocanité du Sahara occidental, les OQTF, l’embastillement du journaliste Christophe Gleizes et même l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Tenter de colmater 60 ans de socle craquelé par des fontis tant politiques que sécuritaires. Voilà un peu la mission risquée mais un tantinet possible du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez.
Avec son collègue Saïd Sayoub, ils mettront tous les dossiers sur la table y compris ce passé qui cale entre les deux pays lequel passé a même été criminalisé, même si le Senat l’a un peu retoqué.
Quelle chance pour que Nunez revienne avec dans sa besace ministérielle des solutions de paix entre l’axe Paris-Alger ?
A priori, si « l’état d’esprit constructif » dont il s’est affublé pour y aller constitue déjà un atout, et si Alger avait affirmé que ses interlocuteurs restent Jean Noël Barrot du Quai d’Orsay et Emmanuel Macron, c’était au temps de Retailleau, l’heure est à la détente avec l’ex-préfet de police de Paris, qui privilégie le dialogue quitte à passer pour « faible » aux yeux de certains Français, pour qui l’attitude de l’Algérie confine à minima à du « je m’enfoutisme ». Nunez donc ! Car, avec lui, beaucoup espère aussi des résultats probants, à un armistice, ou à une paix des braves, un leger dégel surtout s’il est reçu par le locataire du Palais d’El Mouradia !
Nunez à Alger c’est le Vendée Globe au Cap Horn ! On y passe, ou on s’écrase !
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana


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