Ayant eu jusqu’au 1er juillet 2023 pour se pourvoir en dernier ressort afin de réintégrer la liste électorale de Gbagbo, le PPA-CI ne s’est pas exécuté, et du coup, sera aux abonnés absent, lors du scrutin local du 2 septembre 2023. Cet ultime recours devant le Tribunal administratif n’ayant pas été fait à la bonne date (3 jours à compter du 28 juin 2023), voilà le PPA-CI qui n’aura pas de maires, ni de conseillers municipaux et régionaux ! Les raisons de cette posture du parti de l’ex-président ? Ecoutons Justin Koné Katinan éructer contre les magistrats administratifs : «Nous n’allons pas faire la même demande, face aux mêmes juges».
Or, la Commission électorale indépendante (CEI) qui a rejeté le dossier de Laurent Gbagbo n’a fait que suivre une décision de justice, qualifiée évidemment d’inique dans le camp Gbagboïste ! Gracié, mais non amnistié, ce dernier est toujours sous le coup de 20 ans de prison.
Mauvaise pioche pour lui, car, pour ces locales du 2 septembre dessinent ou redessinent la carte électorale de la Côte d’Ivoire. Elections locales, mais à enjeu national, puisqu’il s’agit d’une répétition avant 2025, et ce sera d’ailleurs ces nouveaux élus locaux qui prépareront le terrain pour la présidentielle. Laurent Gbagbo est donc privé d’élections locales, mais rien n’est perdu pour 2025, et pour cela, il suffit d’une amnistie du président Alassane Ouattara pour régler l’affaire.
Pour le moment, le camp du proscrit considère qu’il s’agit de «manœuvre politicienne» visant à écarter Laurent Gbagbo du jeu politique. Et encore, même pour ces municipales et régionales, les partis et candidats ont jusqu’au 19 juillet pour déposer des listes communes. Le PPA-CI pourrait donc jeter son dévolu sur des listes-alliées. Mais pour le moment, les choses ne s’arrangeront pas politiquement pour le «Christ de Mama», qui, depuis son acquittement à la CPI, essaie de rebondir, voire de peser sur la prochaine présidentielle, laquelle demeure une échéance ouverte certes, mais gorgée d’inconnues, d’incertitudes et forcément de surprises. Une grande majorité des cartes se trouvent dans les mains du président Ouattara, lequel a le temps de voir venir. Il est au pouvoir et a encore 2 ans et demi devant lui !


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