Leçons du double scrutin du 22 novembre au Burkina Faso : Tout compte fait, Roch évite le corset de la cohabitation !

Leçons du double scrutin du 22 novembre au Burkina Faso : Tout compte fait, Roch évite le corset de la cohabitation !

Contempteurs et Thuriféraires du MPP et de Roch Kaboré, au-delà de la surenchère politique, savaient, même s’ils ne le proclamaient pas ex cathedra, ils savaient que pour la présidentielle, le coup K.O était une probabilité qui ne ferait pas pousser des cris d’orfraie à beaucoup de personnes. Par contre au niveau des législatives, on redoutait que le parti présidentiel n’obtienne pas la majorité qui lui permette de gouverner franchement.

Crainte confirmée ce 28 novembre, avec les résultats provisoires des législatives proclamés par la CENI.

Mais arrêtons-nous d’abord sur la présidentielle, dont les données de l’instance électorale ont crédité le président-sortant de 57,87% suivi d’Eddie Komboïgo du CDP avec 15,48% et de Zéphirin Diabré, 12,46%. Il y a quelques raisons à ce 1er tour K.O : L’opposition a battu campagne sur le bilan mitigé du président-sortant en matière de lutte contre le terrorisme. «5 ans d’insécurité, ça suffit», peut-on résumer leur slogan de campagne. Soit, sauf que de plus en plus de nombreux Burkinabè sont convaincus que ce terrorisme-là ne se neutralise pas du jour au lendemain, et n’est pas exclusivement du fait de Roch. Ensuite, très peu de solutions pour lutter contre cette pieuvre ont été brandies par cette opposition, sauf, le fait de dire qu’elle va nouer le dialogue avec certaines katibas.

Dans les agglomérations urbaines, on comprend, mais pas sûr, que les 20 millions de Burkinabè ont uniquement l’insécurité comme seule préoccupation. On aura remarqué, que nombre d’opposants étaient plutôt dans la défensive et les attaques, au lieu de proposer. Tant qu’à faire, le corps électoral a préféré continuer avec celui qui a déjà agi, même si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Message de comice des électeurs : on continue avec celui qu’on connait un peu !

Que retenir des résultats provisoires des législatives ? Le 22 novembre, le MPP n’a pas obtenu la majorité pour se passer des services de partis alliés. Mais tout compte fait, le parti présidentiel sait compter sur des partis, qui n’ont jamais fait mystère de leur tropisme pour la formation au logo du soleil levant. Et si des formations amies telle le PAREN sont passées à la trappe, d’autres sont requinquées.

Ainsi en est-il avec le Nouveau temps pour la démocratie (NTD) qui a frappé un gros coup en se hissant à la 3e position, avec 13 députés, d’ailleurs, lors du premier quinquennat avec ses 3 députés le parti de Vincent Dabilgou a toujours roulé pour le MPP. Idem pour l’UNIR/PS de Me Bénéwendé Sankara avec ses 5 sièges, sans compter avec des transfuges du MPP, ou de l’UPC tels le RPI avec ses 3 députés ou le MBF avec ses 4 élus ou le PDC de Saran Sérémé avec ses 3 députés qui poseront vraisemblablement armes et bagages au MPP.

A vrai dire, Roch n’a pas obtenu de majorité au parlement, mais il n’a pas de soucis à se faire, en ce qui concerne sa marge de manœuvre à l’Assemblée nationale. MPP et Cie pourraient avoisiner les 75 députés, qui cautionneront la politique du président réélu.

Reste à savoir, les prétentions de ces formations qui vont exiger des strapontins ministériels, des directions générales ou d’ambassadeurs. Et encore, on ne sait pas quelle posture adoptera l’UPC de Zéphirin Diabré, qui bien que ne s’étant pas écroulée, pâtit des secousses qui ont fait tanguer son parti, on ne sait pas s’il rejoindra le MPP, pour entrer au gouvernement ! Un gagnant aussi dans l’affaire, c’est Eddie Komboïgo, qui pour ce retour du CDP, pour ce training, cette première fois, se hisse à la 2e place, et devient de facto, le chef de file de l’opposition, le match dans le match qui l’a opposé à Zèph, a bien eu lieu et lui a donné l’avantage.

Roch garde pour ce quinquennat toutes les cartes en main pour gouverner. Pas besoin d’être «prisonnier» d’un parti pour appliquer son programme. On attend à ce titre la configuration du 1er gouvernement de ce 2nd quinquennat. Roch est reconnu pour être un président qui assume, il faut en plus à ce mandat, qu’il assure davantage.

Zowenmanogo ZOUNGRANA

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