Législatives en Centrafrique : Satisfecit de la CENI, mais le chemin reste long

Législatives en Centrafrique : Satisfecit de la CENI, mais le chemin reste long

Séance de rattrapage électoral pour 1 million 400 mille Centrafricains. Hier dimanche 14 mars 2021,  une partie de l’électorat centrafricains était aux urnes pour le second tour de l’élection législative. Trois moins après une présidentielle celle du 27 décembre 2020 très chahutée par les coups de boutoirs et assauts répétés des 14 groupes armés, la République centrafricaine a tenu le pari d’une élection calme et apaisé, sans incident notable. Au moment où les bureaux de vote refermaient leur porte, hier aucun incident majeur n’avait été répertorié, même si certaines zones du pays ont été de nouveau privées de vote pour des raisons sécuritaires. Les 3 R et autres UPC rodant toujours dans ces dites zones.

Non content d’avoir mis temporairement le pays sous «blocus» lors de l’élection présidentielle, rebelles qui se servent ??? sur la bête avaient reconduit leur menace et brandit le spectre d’un «assaut» sur Bangui et d’autres localités pour empêcher le vote. Comme on pouvait l’imaginer, Bouar, Bambari, Bossangoa, cibles privilégiées de ces groupes armés lors du scrutin précédent, ont pu voter en dépit des menaces, grâce à un imposant dispositif sécuritaire. Soldats onusiens de la paix, Rwandais, Russes et FACA ont ainsi pu faire voter les Centrafricains, mais en même temps, c’est la preuve que la RCA est toujours sous tutelle et a besoin de se construire un Etat, et des institutions qui fonctionnent mais pas un président et son gouvernement recroquevillés à Bangui, et incapables de gouverner à 50 kilomètres à la ronde.

Cependant, le moins qu’on puisse dire, c’est que le président réélu Archange Faustin Touadera a mis les petits plats dans les grands pour réussir cette élection dont la date butoir avançait à grands pas. En plus du défi sécuritaire relevé avec l’appui des Forces étrangères il s’agissait pour le pouvoir de Bangui de faire mentir les adeptes  du langage de la canonnière qui veulent dicter leur loi sur le processus démocratique enclenché depuis son accession au pouvoir.

Dans ce pays déjà en proie à de multiples crises et conflits, il était urgent de tenir cette élection afin de sauver la face et conserver une certaine légitimité aux yeux du monde entier. Pour ce faire, il n’était pas question de manquer la date du 3 mai prochain gravée dans le marbre de la Loi fondamentale comme délai de rigueur pour le renouvellement de la représentation nationale.

 Séance de rattrapage réussie donc pour le régime de Bangui, pratiquement  assuré de tirer son épingle du jeu et d’obtenir une majorité à même de lui permettre les coudées franche pour la mise en œuvre de projet de société. Mais au-delà de ces motifs de satisfaction, il reste que la République Centrafricaine demeure une pétaudière occupée à plus de 50% par des groupes armés dont les réelles intentions ne sont autres que l’exploitation des «ressources naturelles». Pour ce mandat qui débute dans un climat assez tendu, il revient au président Touadera d’actionner les leviers pour un «réel dialogue politique» avec ses adversaires  qui n’entendent pas se laisser compter les choses. A commencer par le plus dangereux, l’ex-chef d’Etat, François Bozizé à condition que ce dernier accepte cet arbre à palabre, à condition également qu’elle aboutisse à des

résultats qu’on appliquera. Déjà, il y a les Accords de Bangui, qui dorment dans les tiroirs… C’est à ce prix que les Centrafricains longtemps pris en tenaille par une guerre sans fin, pourront réellement souffler et mener une vie digne de ce nom. Et surtout se dire enfin, on a un pays !  En attendant, Touadera a réussi ce pari, la CENI également peut se prévaloir de cette prouesse. Mais le chemin reste long car il y a loin élire des députés et … pacifier un pays failli.

La rédaction

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