Les 1 350 soldats tricolores au Tchad et Sénégal chaussent leurs pataugas : Le défi sécuritaire pris en bandoulière par le Sahel-Sahara !

Les 1 350 soldats tricolores au Tchad et Sénégal chaussent leurs pataugas : Le défi sécuritaire pris en bandoulière par le Sahel-Sahara !

 

 

 

 

Jeudi 27 novembre 2024, alors que le ministre français des Affaires étrangères, Jean Noël Barrot, vient de quitter N’Djamena, et qu’il est à 20 000 pieds  au-dessus de la terre, un communiqué ou plutôt une bombe militaro-diplomatique tombe : elle scelle le sort de la coopération militaire entre les 2 pays. Paris n’a rien vu venir… Le même jour plus tôt dans la journée, c’est le chef de l’Etat sénégalais Bassirou Diomaye Faye (BDF) qui en des termes courtois mais fermes congédiait les 350 soldats tricolores de Dakar.

A vrai dire, si ces renvois paraissent brusques en apparence, surtout pour le cas d’espèce tchadien, où on a vu le jeudi même, les images d’Epinal de Barrot et son homologue tchadien, Koulamalah, et donc que rien, ne présageait de ce divorce, plusieurs faits laissaient pourtant apparaître que l’orage était déjà dans le vieux couple France-Tchad :

– Il se dit que Deby-fils aurait essuyé une fin de non-recevoir d’une rallonge budgétaire sollicitée à l’Elysée lors de son séjour parisien les 17 et 18 octobre 2023.

– La visite du général-président tchadien en Russie aurait été prometteuse.

– L’attaque attribuée à Boko Haram le 28 octobre 2024 qui a fait plusieurs victimes au sein de l’armée tchadienne serait en fait due à des rebelles et la France serait restée coi !

– Il semblerait également que le ministre Barrot, aurait demandé de façon peu diplomatique au général-président de confirmer que les militaires français restent, mais aussi de reporter les législatives de décembre 2024, afin de permettre à l’opposition de participer.

– Enfin, l’axe N’Djamena-Niamey s’est réchauffé ! Voilà au Tchad, on a oublié l’adoubement de la France au général «Kaka» en 2021, et les critiques véhémentes subies par cette même France, à cause du deux poids, deux mesures «accepter le régime tchadien» et exécrer, ceux du Mali-Burkina-Niger.

Quant au Sénégal, en attendant l’hypothétique visite de Jean-Marie Bokel, le pays ayant obtenu la reconnaissance officielle des massacres du camp de Thiaroye, du 1er décembre 1944, le Sénégal a abattu donc ses cartes, et renvoi aussi les soldats français de Dakar.

Nul doute que l’ambiance d’hier lors de la commémoration des 80 ans au camp de Thiaroye, malgré les sourires feintes, et les gestes n’était pas cordiale, surtout pour un Jean Noël Barrot bien présent à Dakar. Car il y a eu ce divorce militaire tonitruant ! La phrase qui tue de BDF répondant à un journaliste de France 2 est assez claire. «Est-ce que en tant que Français, vous envisagez de nous voir dans votre pays avec des chars et des militaires ?». La France écrase et «prend acte» mais ces 2 coups de Dakar et N’Djamena sont rudes et difficilement digérables.

RCA, Mali, Burkina, Niger, Sénégal, Tchad, l’ex-glacis français ne veut plus des militaires…français ! Exceptés donc la Côte d’Ivoire et le Gabon, au Sahel et au Sahara, les Accords de défense sont désormais caducs.

Sécuritairement, la France paie le prix des évènements en matière de politique africaine, revêche et incomprise depuis plusieurs années, exacerbées ces derniers temps par l’entrée en lice de la Russie qui joue la saprophyte.

Rétrograde, obsolète, cette coopération militaire avec le Sahel surtout n’a pas intégré le désir d’une tabula rasa des Africains et la France n’a donc pas changé son logiciel à temps ! La nature ayant horreur du vide, la Russie qui était déjà là dans certains pays du Sahel s’est engouffrée à fond.

C’est véritablement la fin d’une époque, celle de la brisure d’un lien qu’on croyait insécable, entre une ex-Métropole et ses ex-colonies. Même si la coopération classique continue.

Désormais, le Sahel et le Sahara sont seuls face à l’enjeu sécuritaire. Plus de sous-traitance polémiquée en matière de défense ! Il est plausible que le Tchad rejoigne l’AES et militairement se mettra en place, une force sous régionale pour combattre l’hydre terroriste. Quels résultats engageront ces pays qui entament une seconde décolonisation aux forceps ?

Le souverainisme teinté d’idoécratie accouchera de quoi ? Le monde a les yeux rivés sur cette partie de l’Afrique où des militaires au pouvoir et des civils élus tentent de trouver la voie pour développer leurs pays. Tâche noble, mais oh ! Combien semée de ronces !

La REDACTION

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