Exit le recours des Mahamane Ousmane et compagnie, les grands juges nigériens ont donné leur imprimatur aux résultats du 21 février dernier parant d’hermine Mohamed Bazoum gagnant avec 55,66% des voix contre 45,34% pour son challenger Mahamane Ousmane.
A la vérité, avec ce scrutin dont tous les observateurs s’accordent à dire qu’il fut probe et sans reproche, il était difficile à la Cour constitutionnelle d’invalider ces résultats, a tous le moins d’invalider un pan de ceux-ci à même de rendre la présidentielle caduque. Voilà le dauphin de Mahamoudou Issoufou dans la plénitude de tout le pouvoir suprême. Il lui reste plus qu’à se mettre immédiatement à la tâche. En l’élisant, les Nigériens ont opté pour une sorte de continuité. Et l’urgence des maux ne laisse aucun état de grâce pour l’enfant de Zinder.
A commencer par l’insécurité : au 1er tour comme au second les différentes tueries notamment 14 militaires et les 7 commissaires de la CENI, sont venues rappeler que le Niger est en guerre contre certes des ennemis venus d’ailleurs du Mali et du Burkina pour ne pas les nommer, selon Bazoum. Mais à la guerre comme à la guerre, le nouveau président doit sécuriser ses compatriotes. Moralement et de concert avec le G5 Sahel, Bazoum doit rassurer sur ces attaques terroristes et djihadistes. Autres chantiers, la santé, où le président Issoufou a érigé un hôpital de référence au Niger avec des réalisations sanitaires dans les autres régions. Des infrastructures sanitaires qui devront être consolidées. Outre la santé, il y a l’éducation, l’eau l’emploi des jeunes, le «péril jeunes» guette Bazoum et il en a conscience et bien d’autres tâches l’attendent. Le président Issoufou a engrangé beaucoup d’exploits, mais il reste de nombreux autres à faire. Son poulain devra commettre le parricide par le travail et le «lion» de Tahoua ne lui en voudra pas pour cela. Et 30 ans dans le sillage du pouvoir ont préparé Bazoum a étrenné le pouvoir au sommet. Il devra faire mouche pour ne pas décevoir les Nigériens et Issoufou son mentor. C’est à l’aune d’un bilan positif en 2026 qu’on jugera si Bazoum a été un homme d’Etat compétent ou un simple homme politique d’estrade qui a bénéficié de la machine du PNDS et de la bienveillance d’un long compagnon de route politique. D’ores et déjà, le philosophe-président qu’il est doit avoir constamment à l’esprit cette maxime de Sénèque : «il n’y a point de vent favorable pour qui ne sait pas où il va».
Omar SALIA


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