Libération d’une vingtaine de terroristes : le Burkina Faso à l’épreuve de la «négociation avec les Katibas»

Libération d’une vingtaine de terroristes : le Burkina Faso à l’épreuve de la «négociation avec les Katibas»

La révélation est venue de nos confrères du bimensuel L’Evènement dans sa dernière livraison. «Plus d’une vingtaine de présumés terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), détenus à la Prison de haute sécurité ont été élargis courant 2020. Il s’agirait d’une contrepartie concédée par le Burkina Faso contre une accalmie sur le front avec les Katibas du groupe chapeauté par Iyad Ag Ghaly, c’est-à-dire le GSIM.

Ces libérations fruit d’un marché concédé entre le pays des hommes intègres et le leader de la coalition terroriste constituent un premier pas vers une probable accalmie dans une grande partie du pays en proie aux attaques et assauts répétés des combattants du GSIM. A en croire le journal, la tâche d’établir le contact avec les têtes pensantes du GSIM a été confiée à l’Agence nationale de renseignements (ANR). Et les premiers contacts auraient eu lieu au cours du deuxième trimestre de l’année 2019. Il s’agissait de «créer les conditions pour mettre fin aux attaques du GSIM contre le Burkina Faso».

Au Burkina Faso, la question d’une éventuelle négociation avec les groupes terroristes a toujours donné lieu à de  vives controverses et des contradictions entres défenseurs de la ligne dure et ceux qui suggéraient de la souplesse dans la lutte contre le terrorisme. A plusieurs occasions, des réactions épidermiques des «enragés» ont opposé les partisans de la «diplomatie souterraine» aux radicaux. Aujourd’hui au Faso, a toujours prôné depuis 2018 cette posture avec des arguments repris actuellement et par le pouvoir et par tous ceux qui sont d’accord maintenant. Le journal a toujours eu la conviction qu’on ne saurait gagner une guerre surtout asymétrique avec la balle du fusil, fusse-t-elle éternelle cette balle !

Ainsi, après plus de quatre ans de combats acharnés entre les Forces armées nationales et les unités combattantes du GSIM, les deux parties ont décidé de privilégier le dialogue et faire l’économie de plusieurs autres victimes qui viendraient allonger la liste des suppliciés d’une «guerre» aux multiples facettes. Ces libérations constituent également une passerelle vers une réconciliation nationale, véritable gage du vivre-ensemble entre communautés. La réconciliation nationale a aussi pour base, cette osmose communautaire. Calmer les rancœurs recuites et les désirs de vengeance, voilà aussi un des fondements de cette réconciliation. Elles pourraient à l’image du voisin malien ouvrir la voie à des accords de paix entre communautés rivales à travers des cérémonies de libération où les uns pourraient avouer avec contrition, à soi-même ou aux autres, leur  faute en reconnaissant leurs torts afin d’obtenir une repentance. En somme, une catharsis libératrice et rassembleuse. 

Davy Richard SEKONE

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