L’adoption du nouveau code pénal continue de susciter des réactions au sein du monde de la presse et des organisations de défense des droits de l’homme. Dans ce communiqué de presse la Fédération internationale des journalistes (FIJ) juge liberticide ce texte et invite les autorités burkinabè à abandonner ladite loi qui constitue une violation des libertés d’expression.
L’Assemblée nationale du Burkina Faso a adopté le 21 juin une réforme du Code pénal qui prévoit jusqu’à dix années de prison pour la diffusion d’informations relatives aux opérations militaires. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l’Association des journalistes du Burkina (AJB) appellent à l’abandon de cette loi qui constitue une violation caractérisée de la liberté de la presse.
La réforme est présentée par le gouvernement comme un moyen de renforcer la lutte contre les groupes terroristes, notamment l’organisation Etat islamique et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), dont les attaques se font de plus en plus fréquentes sur le territoire burkinabé. Au total, celles-ci ont fait au moins 450 morts depuis 2015.
Cependant, le texte contient de nombreuses dispositions qui mettent en danger la liberté de la presse au Burkina Faso. Désormais, quiconque communiquera des informations relatives aux déplacements ou aux armes des forces armées ou qui seraient à même de «démoraliser» les soldats sera passible de peines pouvant aller jusqu’à dix années de prison.
La diffusion d’«images et sons de scènes d’infractions de nature terroriste» sera punie par la loi, sauf à obtenir une autorisation préalable délivrée par l’Etat.
Le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a déclaré : «La réforme du Code pénal burkinabè restreint considérablement le travail des journalistes et de la liberté d’informer. Elle risque par exemple de faire obstacle à des enquêtes sur d’éventuelles exactions commises par l’armée. Il s’agit d’une loi liberticide, et nous appelons à son retrait immédiat». Le président de l’AJB Guézouma Sanogo dénonce une «caporalisation de l’information relative aux actes terroristes et un bâillonnement de la presse nationale». «Ce projet de loi interdit tout simplement aux journalistes de faire des reportages en cas d’attaque terroriste dans la mesure où leur présence même sur les lieux est criminalisée», a-t-il souligné.


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