Aujourd’hui au Faso peut se tromper, mais depuis plus de 4 ans, a toujours eu un penchant pour des négociations avec les terroristes. Evidemment, la réponse invariable des partisans du tout-guerre est qu’on négocie en position de force, et le Burkina n’y est pas, et qu’est-ce qu’on va offrir aux terroristes pour négocier ?
Pas question ! Fulminent ceux qui y sont opposés. Depuis plusieurs années de toute façon, les spécialistes en sécurité ont poussé comme champignons après les premières pluies hivernales. Chacun y allant de ses solutions. L’autre argument brandi par ceux, qu’une telle perspective horripile et qui prédisent un échec certain quant à ces négociations agitent le fait que Blaise avait vendu le Burkina à l’encan en donnant gîte et couvert aux membres du MNLA. C’était son choix car entre ça, c’est-à-dire leur laisser une relative activité dans les affaires et 2 000 morts et 1,5 millions de déplacés, il y a une option à faire entre le mal et le pire ! Ça ou du sang, des larmes et des deuils. 6 longues années de guerre asymétrique aux cours desquelles, les victoires des FDS et VDP face aux terroristes alternent avec des tueries de masses.
Dans ce début de cette diplomatie souterraine, l’Algérie est citée, une Algérie qui est un maillon incontournable dans cette lutte contre le terrorisme au Sahel. Vrai ou faux, Iyad Ag Ghali, natif de Kidal qui apparaît aujourd’hui comme le parrain des katibas sahéliens, vit à la lisière de la frontière Mali-Algérie, dans les contreforts de l’Adra et Ifoghas, d’ailleurs, il est de la lignée de la grande famille des Ifoghas, ce qui n’est pas rien l’appartenance à une puissante tribu, étant un tout dans ce septentrion malien.
L’Algérie dispose également d’une expertise en la matière avec le FIS dans les années 90. Et enfin, plusieurs grands chefs terroristes vivants ou neutralisés sont des Algériens.
Evidemment, ce qui intéresse aussi les Burkinabè, c’est le nom de Djibrill Bassolé qui apparaît dans ces supposées négociations. Vrai ou faux ? L’ex-ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, s’il y est vraiment, n’est pas en terrain inconnu, il connaît un peu le sujet, pour ne pas dire plus. «Djibrill Bassolé ne peut plus rien faire», cinglent ses contempteurs.
Pourtant, l’homme qui vit à Paris où il est en soins médicaux a des connexions en France, au Qatar, au Mali … c’est un pandore et franc-maçon. C’est vrai que les acteurs du terrorisme ont changé depuis 2010, ce n’est plus les Mohamed Kherou, cofondateur du MUJAO ou ses ouailles, ni Abou Zeid ou Ag Bahanga. Mais, dans ce monde qui a ses codes et ses traditions, il faut y avoir été pour avoir des chances de réussir une mission. Et un autre homme qui le peut est naturellement Liman Chafi, actuel conseiller spécial du président nigérien, Mohamed Bazoum.
Les interlocuateurs ont changé, sauf un : Iyad Ag Ghali qui depuis l’assaut qu’il donna avec son Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA) contre Menaka, avant d’accepter sous l’égide de l’Algérie de signer les Accords de Tamanrasset le 28 juin 1990, depuis ce temps Ghaly n’a jamais quitté l’arène terroriste
Une relative paix est même constatée à l’époque, il y a 30 ans. Le MNLA, il y était, Ansar Eddine, c’est lui. Si les pas des négociateurs burkinabè les mènent vers l’Algérie, ce n’est donc pas le fait du hasard, car une partie de la solution terroriste s’y trouve.
Cela veut dire qu’avec certains terroristes, la négociation est possible ? A quel prix ? S’il y a des Burkinabè qui sont aussi des terroristes, comme l’a laissé entendre le ministre burkinabè de la Défense, le général Barthélémy Simporé, ne peut-on pas négocier avec eux ? Contre quoi ? Il y a aussi des katibas qui ne veulent que la guerre, c’est leur job. Avec ces derniers, impossible de pendre langue.
Damiba a donc vraisemblablement franchi le Rubicon. Pourvu qu’il ne fasse pas trempette. Aller jusqu’au bout pour savoir si oui ou non ces négociations sont une chance de réduire le terrorisme au Sahel, et plus particulièrement au Burkina Faso. Tout en continuant à faire la guerre. L’enfant de Nakalbo emboite le pas des Maliens qui, depuis IBK jusqu’à Goïta ont toujours négocié. Toutes ces initiatives se heurtent à la position française qui est contre le fait de négocier avec ceux qui tuent des Français, des Maliens, et des Burkinabè et des Nigériens. Roch l’avait fait juste pour les élections de 2020. Damiba le fait pour montrer en quoi il a eu raison de faire son putsch. Une justification qui aura son sens s’il réussit par la diplomatie ou le canon à vaincre les terroristes
La REDACTION


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