Le bras de fer entre la junte militaire au pouvoir au Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’accentue de jour en jour. Après l’épisode des divergences de vue apparues sur l’agenda de la Transition, les relations entre les deux parties ont pris une nouvelle tournure. Hier lundi 25 octobre 2021, les autorités de Bamako sont passées à la vitesse supérieure, en déclarant Hamidou Boly, le représentant spécial de l’organisation sous-régionale persona non grata. Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale, le lundi 25 octobre 2021 le représentant spécial de la CEDEAO au Mali a été convoqué au sein dudit département où la décision du gouvernement malien, le déclarant «persona non grata», au vu des agissements incompatibles avec son statut, lui a été notifiée.
Selon les autorités de Bamako, cette décision a été prise après plusieurs mises en garde adressées à Hamidou Boly par le biais de sa hiérarchie. Un délai de 72 heures a été accordé au diplomate burkinabè pour quitter le territoire malien.
Rappelons que les relations entre le gouvernement de transition malien et l’instance sous régionale se sont fortement dégradées depuis le second coup d’Etat qu’a connu le Mali en mai 2021. Une batterie de mesures contraignantes avait été prise à l’encontre du Mali, dont sa suspension des instances de l’organisation. Le 30 mai 2021, la CEDEAO avait exigé qu’un membre de la société civile soit nommé comme Premier ministre et que les anciens dirigeants du pays ne soient plus assignés à résidence. Cette injonction de l’organisation a été respectée avec la nomination de Choguel Maïga au poste de premier ministre, mais le point d’achoppement demeure la date des prochaines élections devant mettre fin au processus de Transition. Alors que la CEDEAO exige la tenue d’élections au plus tard le 27 février 2022 comme précédemment annoncé, Bamako table sur une Transition plus longue et prévoit d’organiser des assises nationales pour déterminer un nouveau calendrier. Ces dernières semaines, plusieurs signaux montrent l’intention des autorités maliennes de reporter ces consultations électorales (législatives et présidentielle) censées ramener des civils au pouvoir.


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