Manifestations du 5 juin au Mali : Que peut IBK contre cette Troïka ?

Manifestations du 5 juin au Mali : Que peut IBK contre cette Troïka ?

50 000 hommes dans les rues bamakoises, ce vendredi 5 juin, jour de grande prière musulmane. Une troïka à la base de cette manifestation-monstre : le Front de soutien à la démocratie (FSD) conduite par le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé, en captivité, dont l’intérim est assuré par Choguel Kokala Maïga, Ensemble Mali-Koura, dirigé par Cheick Sissoko, et naturellement la coordination des mouvements et associations du charismatique Imam Dicko. Un mouvement qui réclame la tête du président IBK assorti d’ultimatum.

Il faut déplorer qu’une telle adversité politique soit agglomérée à une personnalité certes qui est une icône morale et religieuse mais pas politique, car si griefs il y a contre la gouvernance d’IBK, il faut faire attention quant au mode de revendication, surtout à ce glissement du confessionnel vers le politique, qui ne peut qu’ouvrir des voies à des solutions non-politiques. L’offre politique doit rester politique et portée par des politiques, même si d’autres acteurs peuvent y être.

Ceci étant, il faut reconnaître que le pouvoir malien a donné la verge avec laquelle on le bat. Le premier quinquennat d’IBK fut loin d’être une réussite. Plombé par la question sécuritaire, les scandales de passe-droits à tiroir, l’homme avait besoin d’un second mandat pour valider le premier. Ce que lui a octroyé le peuple malien. Mais déjà en ce début de bail, les Maliens auront remarqué que les mêmes mœurs décriées au premier mandat semblent se poursuivre.

Car ceux qui sont sortis, ce 5 juin, ne revendiquaient pas une appartenance à un parti ou à une religion, mais ils voulaient à manger, se soigner, envoyer leurs enfants à l’école,… Or les enseignants et les médecins sont en grève.

Ce ne sont pas des discours politiques, c’est le ras-le-bol d’un peuple, c’est l’exigence des populations à l’égard d’hommes qu’elles ont élus. Pas l’once d’une coloration politique à ces cris du cœur. Ce n’est pas une atmosphère de fin de règne, mais de la façon qu’IBK gérera ces prurits sociaux, des propositions et offres qu’il fera, et du rapport de force qui en résultera, dépendra l’avenir du Mali.

La REDACTION

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