Crispation pré-électorale au Sénégal à un mois des législatives, la rue s’enflamme suite à … la suite favorable des grands juges donnée à la disqualification de la liste nationale des titulaires de l’opposition sur laquelle de grosses légumes comme Ousmane Sonko, figurent. «Forfaiture, inacceptable, nous allons manifester … », avait martelé Yewwi Asken Wi, lorsque le ministre de l’Intérieur avait invalidé cette liste nationale de l’opposition agglomérée dans Yewwi Asken Wi laquelle opposition subodorant déjà que le Conseil constitutionnel, qui avait été saisie allait entériner la décision ministérielle, et avait menacé qu’elle envahirait la rue pour faire part de cette partialité, et de cette volonté de Benno Bokk Yakaar (regroupement du pouvoir) de se tailler la part de Gaïndé-le-lion aux législatives.
Hier donc, 8 juin 2022, la place de l’indépendance de Dakar était noire de monde anti-pouvoir, anti-Yakaariste (manif. autorisées par les autorités) dont les pancartes avaient des écriteaux fustigeant la posture du Conseil constitutionnel, la tentative de vicier les législatives de juillet prochain, et les velléités de mettre sous éteignoir la ferme ambition de Yewwi Asken Wi d’être majoritaire à la Place Soweto, à l’issue des législatives.
Les leaders de cette plateforme oppositionnelle étaient là pour haranguer leurs ouailles, Ousmane Sonko, Barthélémy Dias, maire de Dakar, son illustre devancier Khalifa Sall …
Pour le président du Pastef par exemple, Ousmane Sonko cette décision des grands juges, est une nique faite à la loi, et «met le pays en insécurité … c’est une violation flagrante de la loi». Pour ce dernier, le Conseil constitutionnel, en embouchant la même trompette que le ministère de l’Intérieur fait preuve de «haute trahison» et balise le chemin pour un plausible 3e bail de Macky Sall en 2024. 3e mandat, on touche là la lame de fond de ces crispations préélectorales. L’enjeu de l’Assemblée nationale déborde sur la prochaine présidentielle de 2024. L’opposition prête à Macky Sall, une tentation de 3e mandat, or cette perspective n’est envisageable que si Benno Bokk Yakaar est majoritaire à l’Assemblée nationale pour déblayer ce chemin. «Faux-fuyants, manque de projet, leur seul projet c’est dire que Macky Sall doit s’en aller … c’est du dégagisme», réplique le responsable de la Communication du conglomérat présidentiel Benno.
Au demeurant sur ce dur désir de demeurer sur l’Avenue Sédar Senghor (siège de la Présidence), Macky Sall a toujours fait dans l’évitement : «Si je dis que je suis candidat, les gens ne travailleront pas, si je dis non, les gens s’entredéchireront», a-t-il néanmoins répondu à un confrère il y a 2 mois. N’empêche que pour Yewwi Asken Wi, certains faits dont la mise à l’écart d’un des poids lourds de cette présidentielle à ces législatives, Ousmane Sonko, cette mise sur la touche de la liste nationale proportionnelle vise à fragiliser l’opposition dans l’optique de la compétition présidentielle.
En tout cas, on a beau être au Sénégal, ou la démocratie est ancrée, la lutte pour le pouvoir connaît aussi ses coups bas, ses chausse-trappes et autres peaux de bananes. Le pouvoir ne peut pas être exempté de grenouiller via la justice pour affaiblir un Yewwi Asken Wi qui lui a donné du fil à retordre aux Municipales, en taillant dans ses croupières, en lui raflant des mairies emblématiques (Dakar, Ziguinchor).
A un mois donc des législatives où tout est ouvert, et que Benno Bokk Yakaar sait qu’elle a en face une opposition pugnace, efficace et décidée, l’atmosphère préélectorale se grippe, et chacun craint un remake des évènements malheureux de mai 2021, au cours desquels, des manifs suivis de casses et de violences ont émaillé Dakar suite à un Ndjiguel (consigne) lancé par le Pastef d’Ousmane Sonko.
La REDACTION


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