Marche Veille citoyenne du Burkina Faso contre l’UE :  «Soit vos 524 députés retropédalent soit votre représentant devra partir»

Marche Veille citoyenne du Burkina Faso contre l’UE : «Soit vos 524 députés retropédalent soit votre représentant devra partir»

 

Comme annoncé, le samedi 28 mars 2026, la Coordination nationale des associations de la veille citoyenne a battu le pavé en direction du siège de l’Union européenne à Ouagadougou pour « dénoncer une ingérence dans les affaires de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Cette manifestation fait suite à l’adoption par le parlement européen d’une résolution demandant la libération de l’ex-président Mohamed Bazoum et de son épouse au Niger. Selon les responsables de la CNAVC, il s’agissait de « mettre en garde la Délégation de l’Union européenne au Burkina contre toute immixtion dans les affaires des pays membres de l’AES.

En cette matinée de samedi, ils étaient plusieurs centaines à répondre à l’appel de la veille citoyenne et à se rassembler à la Place de la nation de la capitale burkinabè. Habillés aux couleurs nationales pour les uns, et aux couleurs de l’AES,  drapeaux, fanions, posters et autres écriteaux en mains, ils ont marché en direction du siège de la délégation de l’UE pour y transmettre leur message. « Refus et rejet catégorique de toute ingérence de l’UE dans les affaires internes des pays de l’AES », c’est en substance le message de ce jour. Cette mobilisation vise donc, de façon précise, à exprimer un soutien aux autorités nigériennes et à dénoncer la position «inappropriée» de l’Union européenne envers les pays de l’AES.

Les manifestants se disent d’ailleurs étonnés du deux poids deux mesures, en relevant le silence de l’Union européenne dans l’enlèvement de l’ancien président du Venezuela, Nicolás Maduro, détenu aux États-Unis depuis janvier 2026. Cette mobilisation vise donc à, disent-ils, rappeler que les peuples africains ont le droit de disposer d’eux-mêmes, de décider librement de leur avenir, sans pression ni intervention extérieure. Convaincus de la dynamique enclenchée par les autorités des trois pays de l’AES, les manifestants ont réaffirmé leur détermination à défendre la souveraineté des peuples du Sahel. Rappelons que lors de la conférence préparatoire de cette marche, le président du mois de la CNAVC, Omar Michel Kopia a vigoureusement fustigé la position du parlement européen. « Nous allons les inviter à réviser leur copie, sinon on va leur donner 72 heures pour quitter le territoire burkinabè », avait-il lancé. En clair, la veille citoyenne exige un retropédalage du parlement l’UE sur la question.

Dans un communiqué conjoint rendu public le 19 mars dernier, les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) avaient exprimé leur indignation et condamné avec fermeté la résolution du Parlement européen adoptée le 12 mars 2026, appelant à la libération du président Mohamed Bazoum.

Le texte dénonçait une attitude sélective du parlement européen qui « passe sous silence les violations flagrantes et répétées du droit international ». Il décriait également la même attitude du Parlement face à la crise sécuritaire « orchestrée » que traverse la Confédération AES depuis plus d’une décennie ainsi que les « attaques barbares portées contre des populations civiles innocentes ». L’organisation confédérale s’est dit surprise de constater qu’ « à un tel niveau institutionnel, un groupuscule d’acteurs connus, animés d’un paternalisme rétrograde » et « nostalgiques d’un passé colonial révolu et guidés par la préservation d’intérêts économiques et géostratégiques inavoués » ait pu rallier une majorité de députés européens à cette position.

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