Massacre de Karma : Dénégation du gouvernement sur la responsabilité de l’armée et attente de l’enquête judiciaire

Massacre de Karma : Dénégation du gouvernement sur la responsabilité de l’armée et attente de l’enquête judiciaire

Dans le fracas des armes contre le terrorisme, il y a souvent la communication qui est inaudible. Surtout quand il y a un évènement gravissime tel que celui de Karma. Le pouvoir de la Transition a décidé de monter au créneau, avec la sortie de 6 ministres les 3 et 4 mai et de IB lui-même hier à la télé, pour une opération de persuasion.

Après les itératives sorties des rescapés et des ressortissants de Karma, par voie épistolaire (26 avril), en conférence de presse (29 avril) sur les réseaux sociaux et après que beaucoup d’encre et de salive soient écoulés, sans oublier les lettres de l’UE, de la CEDEAO… le gouvernement a décidé de communiquer pour apporter sa version des faits.

Politiques, OSC, religieux et médias ont donc été conviés à cet effet dans la salle du ministère des Affaires étrangères pour l’éclairage des lanternes sur

cette tragédie dans cette localité située à 15 kilomètres de Ouahigouya. C’était les 3 et 4 mai derniers, avec un discours au même tonneau sur la sécurité… et le massacre de Karma. 6 ministres étaient de ce fait le 3 mai face aux représentants des partis politiques et OSC. Evidemment, la situation sécuritaire a été le plat de résistance de cette rencontre. De l’avis du gouvernement, il faut savoir que cette lutte contre les terroristes est protéiforme, car ces derniers ont des capacités d’adaptation inouïes.

Ainsi, selon le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, colonel-major Kassoum Coulibaly, ces forces du mal peuvent arborer la tenue militaire et mettre un convoi en bonne et due forme pour qu’on croit que ce sont des FDS. De ce conclave, on notera que selon le gouvernement, ce genre de déguisement a permis d’attaquer les FDS, par l’usage de «méthodes perfides», selon le colonel-major Kassoum Coulibaly. IB lui-même embouchera la même trompette en parlant ce 4 mai de «perfidie» et invitant chacun à ne pas «tirer des conclusions hâtives et attendre les conclusions de l’enquête».

Concernant spécifiquement, le drame de Karma, le magistrat-colonel François Yaméogo, et par ailleurs directeur de la justice militaire s’est voulu limpide : «Des moyens conséquents ont été mis à la disposition du Parquet de Ouahigouya pour des avancées significatives dans ce dossier choquant».

Il a mentionné 136 corps qui ont été inhumés et 12 personnes ont été auditionnées, notamment des rescapés, lesquels avaient avancé que c’est bel et bien des hommes habillés, comprendre, en uniformes de l’armée burkinabè qui ont commis cette abjection de Karma.

Lors de cette rencontre d’éclaircissement, le gouvernement burkinabè ne reconnaît pas la responsabilité des FDS et VDP dans cette tuerie. Il faut attendre les résultats de l’enquête diligentée par le procureur de Ouahigouya.

Des ONG droits-de-l’hommistes telles Amnesty International et Human Rights Watch avaient indiqué que l’armée serait impliquée dans ce massacre, dont elles chiffrent à 156 civils et invité les autorités burkinabè à travailler de concert avec l’UA et l’ONU pour que l’enquête en cours accouche de résultats tangibles et transparents. Lors de cette rencontre, le gouvernement burkinabè ne dit pas autre chose relative aux attendus de l’enquête, sauf qu’il s’inscrit en faux contre une responsabilité supposée des militaires burkinabè. Par ailleurs, le nombre de victimes de 136 diffère des 156 des ONG

A l’occasion d’ailleurs, la tonitruante salve du ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants n’est pas passée inaperçue. Le colonel-major Kassoum Coulibaly a laissé entendre «qu’il y a une coalition internationale contre le Burkina». Sans rentrer dans les détails, il indexe donc des forces étrangères en train de grenouiller pour nuire au Burkina Faso. Lesquelles, le ministre de la défense ne précise pas. Sur le cas de karma donc, le gouvernement aussi s’en remet à la justice. Tout repose donc sur les épaules du procureur du Faso de la cité de Naaba Kango !

La REDACTION

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