La visite s’imposait et le président Bazoum s’y est plié. Trois jours après l’innommable de Bani Bangou où au moins 69 membres du comité de vigilance avaient été tués par des hommes armés, la ville martyre a reçu Mohamed Bazoum et les chefs militaires. C’était le samedi 6 novembre 2021. Face aux représentants de la vingtaine de villages que compte la commune, c’est un chef d’Etat visiblement ému et touché par le drame qui a exprimé sa compassion, son soutien et sa solidarité à une population meurtrie. L’occasion a été saisie par le successeur de Issoufou, de louer la bravoure d’une population qui, face à la dégradation croissante du climat sécuritaire, a décidé de s’assumer et de se défendre. «Chacun de vos villages porte le deuil. Si vous êtes révoltés légitimement et si vous pensez que vous pouvez assurer votre défense vous-mêmes, c’est légitime. Mais celui qui doit assurer votre défense et sur lequel vous devez compter, c’est l’État», a assuré le président Bazoum.
Au-delà de la compassion, le président nigérien a attiré l’attention de ses concitoyens sur les dangers de la confusion et des amalgames dans le contexte actuel. Pour lui, rien ne devra faire ombrage à la cohésion sociale et au vivre-ensemble, caractéristique du peuple nigérien depuis des lustres. Il est clair que rien ne pourra ramener les disparus pas mêmes les allocutions les plus enlevées, mais ce déplacement de Mohamed Bazoum, et le discours servi à Bani Bangou remet du baume au cœur de ces populations qui ont souvent besoin de plus d’égards de la part de nos princes. Comme ce fut le cas pour les déplacés de Tillabéri, qu’il avait réconforté, Bazoum affirme sa proximité avec son peuple dans ses peines et la douleur et malgré l’adversité.
Comme pour dire qu’il faut rester vigilants, onze soldats ont été tués et neuf sont portés «disparus» lors d’une attaque djihadiste contre une position de l’armée à Dagnè, dans l’Ouest du Niger. L’attaque s’est produite dans la même zone endeuillée en début de semaine par la mort de 69 civils dans une embuscade. Les soldats visés avaient été déployés pour assurer la sécurité des milliers de villageois qui avaient regagné leurs localités après des massacres de dizaines de civils par des présumés djihadistes.


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