Noël 2025 au Sahel : Entre résilience, atavisme et espoir

Noël 2025 au Sahel : Entre résilience, atavisme et espoir

 

 

Quelle saveur a la fête de la Nativité 2025 sous l’harmattan sahélien et Saharien ? Fête des tout-petits devenue quasi universelle, c’est l’occasion pour le Père Noël de cadeauter les enfants et d’apporter la gaieté en ce jour saint pour les chrétiens. Au-delà des bondieuseries (messes, homélies…) il y a le caractère social lié forcément au pouvoir d’achat, lequel est adossé au contexte de chaque pays.

Plus l’économie tourne, plus il y a de la trésorerie, plus le Père Noël est généreux, et les caddies des supermarchés garnis ou les paniers dans les marchés traditionnels chargés. Que ce soit dans les magasins aseptisés ou chez les vendeurs de plein air, il faut dégoter les bas de laine, ici au Sud du Sahara, les fins de mois étant difficiles, encore plus la fin décembre. D’ailleurs, un néologisme colle à la période de l’après Saint Sylvestre : la Janviose ! L’extrême pauvreté post-Noël et 31 décembre. La résilience est devenue un mode de vie ici au Sahel, on s’accroche, on « jongle » et une habitude, devenue héritage depuis quelques années tend à s’estomper : de moins en moins, on s’endette pour ripailler lors des fêtes. D’ailleurs, le voudront-on qu’on ne le pourrait pas, car rare sont ceux qui peuvent vous prêter de l’argent.

D’ailleurs, au nom de quel atavisme doit-on aller s’endetter pour fêter, même Noël ?

Noël 2025 est marqué du sceau donc de ce que les Anglo-Saxons appellent le « struggle for life », cette lutte pour la vie. Car et nous l’évoquons dans notre édition du lundi 22 décembre dernier, pour des pays tels que le Mali-Burkina-Niger pour limiter notre propos à ces 3 pays, c’est un Noël estampillé du pont AES, du nom de cet instrument politique, sécuritaire et économique de ces 3 pays du Sahel qui sont sous la même communauté de sort et qui essayent de tracer un sillon pour se décalaminer de cette gadoue. Le conclave 2e du genre des 3 chefs d’Etat de l’AES, qui s’est tenu hier à Bamako en est illustratif. Les Généraux Assimi Goïta et Abdourahmane Tiani et le Capitaine Ibrahim Traoré l’ont réaffirmé hier, cette « 3e voie » qu’ils tentent d’impulser rentre justement dans l’optique d’une émergence.

S’accrocher à un espoir, fusse-t-il mince, plier mais non pas rompre, le Noël 2025 est assurément une fête de la Nativité, pétrie de foi, mais dont les effluves impécunieux se font sentir. Lutter contre cette adversité, garder le cap, le moral et s’adosser à cet espoir de lendemains qui chantent sont les viatiques de ces populations. Noël ou pas !

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