Nouveau gouvernement de RDC : Tout change pour que  rien ne change !

Nouveau gouvernement de RDC : Tout change pour que  rien ne change !

Enfin, le couple Tshisekedi-Kabila a tourné manege en RD Congo 7 mois après que le premier  ait ceint l’impérium! L’accouchement fut à n’en point douter par césarienne, donc dans la douleur car le «travail» a duré 7 mois, avec des cerclages à n’en pas finir qui ont pour nom conciliabules Tshisekedi-Kabila, tamis et arbitrage en coulisses ce qui a fini par extirper au forceps des entrailles du FCC-CACH, les 65 ministres qui auront la lourde charge de gérer les affaires de l’ex-Zaïre.

Le deal concocté fin juillet entre les pro-Kabila et pro-Tshisekedi aura tenu ses promesses et hier à potron Jaquet c’est-à-dire au petit matin, les heureux conviés à la table du conseil des ministres sont désormais connus.

Le FCC, naturellement se taille quantitativement et qualitativement la part du roi de l’exubérante forêt congolaise : 42 strapontins ministériels dont les emblématiques et stratégiques ministères de la Défense, et de la justice ainsi que celui de la Décentralisation et des affaires humanitaires.

Et malgré que ce conglomérat dual FCC-CACH s’est parlé cash, la plate-forme pro-Tshisekedi hérite de 23 maroquins de moindre importance.

A vue d’œil, la rupture affleure et comme l’a annoncé goguenard le premier ministre Sylvestre Ilunga, près de 77% du gouvernement est constitué de nouveaux visages. C’est en apparence une mue, car en lieu et place des indéboulonnables caciques kabilistes fossilisés par 18 ans de règne, on a d’autres identités aux ministères, mais majoritairement de la galaxie Kabila, ce qui confine à un changement de personnages, mais avec toujours le même théâtre d’ombres au bord du fleuve Congo.

Car que peuvent faire ces 65 ministres, cette équipe éléphantesque pour sortir la RD Congo de l’ornière ?

Pas grand-chose, car il faut vraiment une dose d’optimisme pour croire que ces technocrates qui seront cornaqués par le couple Tshisekedi-Kabila auront vraiment des marges de manœuvre pour agir librement. En clair, non seulement la loi du nombre l’emporte, et celle de la représentativité politique aussi tous penchant du côté de la plate-forme FCC, réduisant l’action des ministres du CACH. Et même les ministres du FCC sont là pour le décorum car les seules actions qu’ils pourront effectuer, ne peuvent qu’avoir l’imprimatur du président sorti, mais oh combien ombrageux sur le landerneau politique : Kabila !

Par exemple, le grand argentier José Selé Yalaghuli, pourra-t-il jouer au Colbert congolais sans empiéter sur des affaires de ses patrons et maîtres, tels l’ex-PM Matata Ponyo ou Kabila en personne ?

A contrario, l’occupant du portefeuille de l’intérieur, le très tshisékediste Gilbert Malamba, aura-t-il les mains libres pour régenter en 1er flic un pays où la moindre étincelle met le feu au poudre ?

Tshisekedi-Kabila dessineront et les 65 ministres seront chargés de colorier bien.

Ainsi en sera-t-il de  la lutte contre la misère quotidienne des Congolais, en passant par l’éradication de la fièvre Ebola jusqu’à la pacification des guerres vipérines entre les différentes rebellions, dans le Nord comme le Sud-Kivu, les chantiers et les priorités de ce pays de 2,5 millions de kilomètres carrés étant aussi hauts que le Mont Stanley.

Or, cette équipe n’a ni droit à un quelconque état de grâce, ni à l’erreur, malgré l’inexpérience des 2/3 des ministres.

Et hélas, encore une fois, «la gâchette de l’Afrique» selon les mots de Frantz Fanon pourrait cracher le pire. C’est pourtant tout le contraire qu’on souhaite au peuple congolais, souffre-douleur des politiciens depuis plus de 5 décennies.

Sam Chris

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