Premières tendances du scrutin ivoirien du 6 mars : L’obligation de résultats pour le RHDP et pour la réconciliation

Premières tendances du scrutin ivoirien du 6 mars : L’obligation de résultats pour le RHDP et pour la réconciliation

Depuis hier, la Côte d’Ivoire a franchi un nouveau pas démocratique. Plus de 7 millions d’électeurs avaient rendez-vous pour élire leurs députés. Si pour l’heure, le taux de participation reste très en-déca de 50%, les premières tendances montrent une nette avance du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) sur son adversaire directe la coalition PDCI-EDS, il n’est pas exclu que le parti au pouvoir devra compter sur les rares indépendants qui pourront tirer leur épingle du jeu pour se doter d’une majorité confortable.

 

Mais avant tout, il convient de saluer l’esprit qui a prévalu lors de ce scrutin. En dehors de quelques escarmouches enregistrées dans les quartiers chauds d’Abidjan, aucun incident notable n’a émaillé les opérations de vote. Cette ambiance qui tranche avec celle de la présidentielle d’octobre 2020, montre clairement que les Ivoiriens sont décidés à «tourner» la page sombre qui fut celle qui a caractérisé la crise du «3e mandat». Et même plus loin dans le temps avec le cahotement sanglant de l’après 2010. Comme pour dire aux politiques l’importance de taire leurs divergences et de penser aux préoccupations des populations, les Ivoiriens semblent montrer des signes de lassitude et ont visiblement envie de rompre avec les vieux démons. Comme pour parler dans les rues d’Abidjan, les Ivoiriens sont «fatigués des palabres politiques».

Voilà donc, une passerelle pour ouvrir la voie à un processus de réconciliation entamée et voulue par le président Ouattara afin de ramener tous les exilés vers la mère patrie et apaiser les cœurs meurtris par une crise postélectorale dont les stigmates restent encore visibles dans ce pays jadis havre de paix.  Une catharsis qui aura manqué lors des 2 mandats de Ouattara et qui pourrait advenir après ces députations.

A ce stade et en attendant de connaître la configuration de la nouvelle Assemblée nationale, deux hypothèses  se présentent :

  • Si le RHDP sort majoritaire de cette élection, Alassane Ouattara qui a pris le soin d’aligner tous ses fidèles lieutenants sur les listes aura les clefs en main pour imprimer sa marque pour les prochaines années de ce troisième mandat, notamment cette introuvable réconciliation dont ces législatives pourraient dessiner les contours à l’hémicycle.
  • Dans le cas échéant, le président Ouattara devra faire une cour assidue aux indépendants afin qu’ils rallient son parti et lui permettre de disposer d’une marge de manœuvre conséquente. Car la coalition qui vient de voir le jour après le divorce d’avec le PDCI-RDA d’Henri Konan Bédié ne lui ne fera pas de cadeau. Cela indiquerait d’ailleurs que le grand rassemblement voulu par le locataire du palais de Cocody, aura perdu de sa sève avec le départ du sphinx de Daoukro et ses ouailles. Dans ce second cas, le cap devra être mis aussi sur la politique de la main tendue. 

Ces résultats qui tombent au compte-gouttes après une élection très disputée par endroit, marque-t-elle le début de la «révolution démocratique» chère au président Ouattara ? La suite des compilations et la réaction des uns et des autres par rapport au verdict des urnes nous-le dira !

Davy Richard SEKONE

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR