Les Béninois ont voté ce dimanche 12 avril 2026. Les 7,8 millions d’électeurs avaient 2 bulletins à glisser dans l’urne celui de Romuald Wadagni de la Plateforme présidentielle et celui de Paul Hounkpè de Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE).
Chacun des deux duellistes a battu campagne au Nord -Sud et Centre du pays selon sa stratégie et ses moyens. Et dans l’ensemble, la campagne électorale tout comme le scrutin proprement dit se sont bien déroulés sous l’œil des 6200 observateurs nationaux du PEOSC-WANEP et internationaux notamment de l’UA dirigés par Sylvestre Ntibantunganya , de la CEDEAO supervisés par Nana-Akufo Addo et de l’OIF. Pas étonnant dans ce Bénin abonné depuis deux décennies à ce genre d’exercice républicain. Même si pour ce coup-ci le processus a été écorné par les parrainages un peu censitaires qui ont écarté du jeu les Démocrates qui auraient pu à défaut de gagner, ballotter le dauphin du président sortant. Une présidentielle qui s’est déroulée sur fond de gros nomadisme politique qui aura frappé les mêmes Démocrates handicapés déjà par la démission de son président l’ex-chef d’Etat Boni Yayi . Au regard de la carte électorale actuelle et des forces en présence, beaucoup donnent Romuald Wadagni grand favori de ce vote. En tout cas son camp a œuvré pour que les planètes soient alignées pour lui !
Et son challenger Paul Hounkpè a beau répéter comme un mantra que « le match n’est ni amical ni plié » et même si aucune élection n’est gagnée à l’avance, ses chances sont minces de terrasser Wadagni .
D’autant que son camp FCBE a subi de nombreuses défections, des partants qui ont déposé leurs baluchons dans la cour présidentielle. Quoiqu’il en soit, Wadagni ou par extraordinaire Hounkpè, c’est l’après -Talon qui commence. Une ère nouvelle ou un changement dans la continuité ? Avec un dauphin que le locataire du palais de la Marina aura choisi écartant ceux là même qu’on disait dauphins putatifs ou en eaux troubles, avec un tel successeur difficile de s’attendre à un grand bouleversement. Sauf si Wadagni se pique de commettre le parricide politique et de s’émanciper de son mentor. Pari risqué dans le Bénin actuel.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana


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