Présidentielle en Angola : Lourenço gagne, mais Costa Junior ne perd pas !

Présidentielle en Angola : Lourenço gagne, mais Costa Junior ne perd pas !

Avec presque 98% des suffrages exprimés dépouillés et comptés, le MPLA, le parti présidentiel engrange presque 124 députés, (51%) contre 90 sièges pour l’UNITA de l’opposant Adelberta Costa Junior. Ainsi en a proclamé la Commission électorale.

Et comme la Loi électorale stipule que la tête de gondole du parti vainqueur aux législatives est investie aux fonctions de chef de l’Etat, c’est donc Joao Lourenço qui serait en route pour un second bail. Sauf, sauf que le challenger de ce dernier cornac de l’UNITA à cette compétition suprême conteste les résultats de l’institution électorale. Adelberta Costa Junior a réalisé son propre comptage notamment par exemple dans 3 provinces Luanda, Maxico et Cua zusal et le champion de l’UNITA exige un décomptage par une Commission internationale, qui devra être issu des PV de chaque bureau de vote et vu que Lourenço le coiffe sur le fil du rasoir, l’UNITA a doublé son score de 2017, vu que le MPLA, gagne dans un mouchoir de poche, et que les observateurs de l’UA et de la SADC ont pointé des «préoccupations» relatives aux listes nationales, la contestation de l’UNITA n’est pas superfétatoire, loin s’en faut !

Au demeurant, depuis 1975, c’est la première fois que le MPLA bat l’UNITA avec un score aussi serré, sous son prédécesseur, Dos Santos, l’UNITA était toujours étrillée avec des scores staliniens et l’Assemblée nationale était toujours monocolore … c’est-à-dire aux couleurs du parti-Etat.

Les 14,4 millions du corps électoral n’ont  donné selon la Commission électorale, qu’une strite majorité  parlementaire au MPLA, et en outre, les élections générales millésime 2022 ont cette particularité que ce sont les premières de l’après-Dos Santos, les premières que Lourenço sollicite pour un deuxième mandat, et surtout ce sont les toutes premières qui sont surveillées par une jeunesse angolaise via leurs téléphones du dépouillement et du comptage dans les bureaux de vote, laquelle jeunesse visiblement a soif de changement ou du moins n’est pas satisfaite de la gouvernance de Lourenço. Un Lourenço qui a fait mine de secouer le cocotier de son mentor qui lui a cédé le pouvoir, mais les vieux réflexes, certaines mœurs politiques et les stigmates de la mal-gouvernance sont telles que le ressenti de nombreux Angolais est qu’il faut l’alternance, avec comme corollaires, l’équitable répartition de la manne pétrolière et des autres richesses minières dont regorge l’Angola. Lourenço qui s’est émancipé de ce système n’a pas pour autant amélioré le quotidien de ses compatriotes. Il gagne selon la Commission électorale, mais Costa Junior ne perd pas.

En effet, même si le MPLA affirme que c’est une posture habituelle de l’UNITA qui en a fait «son fonds de commerce», ce score étriqué pour un parti-Etat qui bénéficie de tous les avantages, est en soi un désaveu et même si l’UNITA n’a pas gagné, ce résultat prouve qu’il n’a pas mordu la poussière aussi avec ce double des gains électoraux de 2017.

Ce constat n’est pas un jugement dénué de sens, car le MPLA a perdu Luanda la capitale et qui perd la capitale dans ce genre d’élections, perd aussi quelque chose de symbolique. Le spectre du retour à la guerre que brandissait le MPLA comme la muleta face au torero n’a visiblement pas aussi fonctionné, on l’a senti d’ailleurs un peu en 2017. Et puis beaucoup de jeunes n’ont pas connu cette guerre. Enfin, l’opposant Adelberta est très charismatique, tranchant avec les candidats passé de l’UNITA. Vote donc sanction contre le MPLA mais non pour l’UNITA qui en profite néanmoins pour massifier le parti laissé par Savimbi.

La REDACTION

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