Prestation de serment d’Archange Touadéra en RCA : Un 3e bail sous le sceau de la realpolitik

Prestation de serment d’Archange Touadéra en RCA : Un 3e bail sous le sceau de la realpolitik

Sa trajectoire dans les eaux troubles de l’Oubangui lui aura conféré un cuir tanné, une connaissance de topographe de la République centrafricaine (RCA) et donc la capacité à slalomer dans un pays soutenu à bout de bras sécuritaire et économique par les Russes, les Rwandais, les Chinois et… les Français qui reviennent après une parenthèse de plusieurs années.

Oint par les urnes il y a 2 mois, Archange Touadéra a prêté serment hier 30 mars 2026 au complexe sportif Barthélémy Boganda devant plusieurs de ses homologues : le Congolais Denis Sassou-Nguesso, le Gabonais Brice Oligui Nguema, le Comorien Azali Assoumani (président de l’UA) et le Burundais Evariste Ndayishimiye. Devant 20 000 personnes, Touadéra entame un 3e séjour au palais de la Renaissance, marqué sous le signe de son va-tout.

Si ce 3e mandat a été obtenu au prix d’un tripatouillage constitutionnel en 2023, on reproche aussi au président-mathématicien quelques griefs, notamment une insécurité toujours prégnante dans plusieurs localités, ainsi qu’une économie pas en forme. Néanmoins, on lui reconnaît un certain nombre d’acquis, en particulier une relative paix au prix d’accords avec quelques rébellions qui écumaient le pays. L’UPC et les 3R, les deux groupes les plus purulents, ont signé un aggiornamento le 19 avril 2025 à Ndjamena ; les Antibalaka et le MRJ ont affirmé avoir dissous leurs mouvements le 7 octobre dernier.

Bref, c’est en tant que « bâtisseur de la paix » que Touadéra a été réélu pour un 3e mandat, qu’il a placé sous le signe de la consolidation de certains chantiers entamés ou dont les linéaments ont été tracés. Consolidation de cette paix qui demeure précaire dans une RCA aux 7 Républiques et à 1 empire, marquée par moult coups d’État et rébellions ; avènement d’une justice accessible à tous ; économie à relever ; lutte contre la mal-gouvernance et protection des femmes.

En gros, les travaux d’Hercule d’un pays qui émerge de loin. Une realpolitik qui touche la géopolitique aussi. Sans tambour ni trompette, bien qu’ayant la Russie comme partenaire stratégique et les Rwandais qui épaulent les FACA, la RCA revient à ses anciens amours, si jamais elle les avait quittés : la France. Depuis 2024, le fil est renoué. Et la visite de Jean-Noël Barrot à Bangui, reçu au palais de la Renaissance les 12 et 13 mars derniers, entérine le retour de la France en RCA. Un pays au cœur de l’ex-glacis hexagonal, et dont les liens sectionnables se ressoudent au gré de la géopolitique. Un 3e mandat que Touadéra entend utiliser pour mettre ses œufs dans plusieurs paniers.

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