Hier lundi 12 décembre, plus question pour l’ex-patron du CNDD, de se faire porter pâle, d’invoquer un quelconque malaise, il devait faire face aux juges pour répondre des massacres et viols du 28 septembre 2009 pour lesquels, lui et 11 coaccusés sont dans le box.
Pendant quelques minutes, Dadis s’est remis dans la peau du chef de la junte, qui vitupérait contre ses collaborateurs, citant mal à propos certains grands penseurs, puis, comme il faut se défendre de ces graves crimes qui pendent sur la tête, il s’est lancé.
Son alibi béton ? «Le complot» savamment préparé par un trio, les ex-président Alpha Condé, et celui de la Transition, le général Sékouba Konaté, et Aboubacar Diakité alias Toumba, la quasi-star pour le moment de ce procès puisque l’ex-aide de camp de Dadis aura réussi le tour de force de créer le buzz sur la toile, par un semblant d’air de sincérité, ses références coraniques et sa gouaille face aux avocats. Pour sa défense donc, le fantasque Dadis Camara pointe un «complot pour me rendre infréquentable, pour me salir devant la Communauté internationale … et ensuite, Toumba a été embobiné pour m’éliminer».
Hier, en dépit de ses tentatives pour amuser l’auditoire et le tribunal (des rires fusaient souvent de la salle), on sentait un Dadis fébrile, peu rassuré, et cherchant une crête de défense solide, bref, un Dadis qui a perdu de sa superbe, car cette fois-ci, il risque gros !
Alors son argumentaire surfe sur les 3 personnalités qui seraient à la base de sa pestifération, puis de sa chute. Sous réserves d’entendre dans les prochains jours, ses preuves pour étayer le fait de mettre en cause Condé, Sékouba et Toumba, on peut dire qu’il y a des raisons évidentes pour que Dadis en veuille à ces derniers :
Alpha Condé, faute d’avoir pu rallier Dadis en 2010 et 2015, ou n’en voulant pas, avait fini par s’en méfier. On se rappelle la timide tentative de rapprochement que l’ex-président élu avait essayé avec le capitaine putschiste, avant que son rival juré Cellou Dalein Diallo n’y parvienne lui. C’est pourquoi, le président Condé s’était accommodé de l’éloignement de l’illustre exilé de Ouaga 2000. Tout juste dit-on a-t-il consenti quelques temps à lui envoyer des subsides. Mais sans doute, il est une brûlure que ressent encore Dadis, causée par Condé :
En août 2017, Dadis avait décidé de rentrer, mais sur ordre de Condé, son avion sera dérouté à partir d’Abidjan, et ne se posera pas sur l’aéroport de Gbéssia-Sékou Touré. Ce fait a dû rester en travers de la gorge de Dadis.
Quant à Sékouba, la rancune est née même le jour du putsch en décembre 2008, puisque Sékouba, guettait aussi le fauteuil présidentiel laissé vacant par Lassana Conté. Ayant été coiffé au poteau, «le Tigre» surnom de Sékouba a-t-il cherché à pourrir le règne de Dadis ? Et puis il y a cette histoire de 22 millions de dollars qui semble separer ces deux frères d’armes. En tout cas, même si en public c’était l’amour parfait entre les 2, on sentait que les atomes s’accrochaient difficilement. Si fait qu’après la tentative de régicide de Toumba, c’est le même Sékouba qui a pris la place de Dadis, il aura fini par obtenir ce qu’il voulait même s’il semblait pressé de s’en aller.
Enfin, si Toumba est indexé par Dadis, cela parait normal, son ex-aide de camp a tenté de le tuer. «C’était pour le tuer», a-t-il d’ailleurs affirmé devant le tribunal le même Toumba, qui a blessé mortellement son ancien mentor et n’eut été la promptitude du président burkinabè, Blaise Compaoré, qui l’a fait évacuer fissa au Maroc, il aurait succombé à ses blessures. Macambo, lui n’a pas eu cette chance, Toumba l’a «exécuté».
N’importe qui à la place de Dadis parlerait de «comploteur» au sujet de Toumba. Encore qu’il semble dire que ce dernier a été «entraîné».
On est qu’à l’entame d’un long mémoire en défense du volubile Dadis, et sans doute, en épluchant ses notes, on en saura davantage sur ses accusations envers ces 3 personnes, mais surtout, il faut qu’il prouve qu’il n’est pas impliqué dans ce massacre à huis clos qui fit 157 victimes et plusieurs femmes violées, ou qu’il assume s’il en est le commanditaire.
La REDACTION


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